Posts by Pinguins

    Bonjour tout le monde !

    Il est temps de clore ce slam, voici donc les résultats :


    - Le premier texte qui a été écrit par Meerancha obtient une moyenne de 8,
    - Le second texte qui a été écrit par Arthi obtient une moyenne de 7.9.


    C'est donc @Meerancha qui remporte ce slam



    Bravo aux participants pour leur texte et merci à tous les participants pour leur vote !

    Bonjour à tous !


    Aujourd'hui je vous présente deux créations sur le thème de "La fugue". Avant que vous commenciez à voter, je vous rappelle aussi les restrictions qu'ils se sont imposés :
    - Les mots "cheval", "enfoui" et "mystérieusement" devront être inclus.
    - Le texte devra être écrit dans un registre fantastique.



    Voici sans plus tarder les deux textes !




    Maelström



    Dans la vallée de la Durdant, un brouillard mystérieux et pénétrant s’immisce dans un petit village isolé, enfoui au fond d’une cavité naturelle. Agathe, adolescente de 13 ans aujourd’hui, contemple le phénomène du haut de la colline tandis que ses pas l’emportent vers la lumière dont les rayons du soleil traversent de part et d’autre l’horizon très tôt ce matin.


    Les grandes bâtisses en brique disparaissent les unes après les autres comme avalées par cette fumée extraordinaire, laissant s’entrevoir le contour des cheminées pointant leurs cols comme pour respirer. Agathe n’en croit pas ses yeux, en l’espace de quelques secondes cette paisible vallée fut engloutie.


    Incapable de tenir debout face à ce terrible spectacle, les mains sur la terre, à genoux, elle prend alors une profonde respiration puis ferme lentement ses paupières. Seul le son du battement de son cœur, rapide et puissant se fait de plus en plus entendre, bombardant son cœur et son esprit.


    C’était son village, le fief d’un puissant clan écossais, reconnu pour sa noblesse et ses richesses, les Lindseys. C’était un monde à part, avec ses propres règles et son code d’honneur. Agathe ne possédait pas de véritable lien de sang avec cette famille de haut rang. Adoptée dès l’âge de 6 ans par le baron et la baronne de Lindsey, après le décès malheureux de leur jeune fils, elle vivait à leur côté. Bien qu’elle ne côtoyait aucun autre enfant de son âge et qu’elle sortait très peu du village, elle leur était néanmoins très reconnaissante, elle, petite fille abandonnée ayant comme seul souvenir, l’orphelinat de Peek Twin. Elle trouvait même du plaisir à étudier avec ses professeurs, à apprendre à jouer du piano ou encore à lire d’incroyables histoires grâce à la multitude d’ouvrages que formaient la grande bibliothèque du manoir. Toutefois chaque nuit, elle était frappée de violents cauchemars qui la réveillaient en sursaut et la tétanisaient de peur. Sans comprendre la raison, ses nouveaux parents et le médecin du village lui administraient quotidiennement des traitements au nom des plus étranges avant de la coucher. Mais ces derniers ne semblaient pas générer l’effet escompté. Et malgré ses supplications pour y mettre fin, ses parents adoptifs poursuivaient le traitement avec obstination, se conformant à la prescription médicale.


    Mais cette nuit fut différente. Le hennissement d’un cheval se fit entendre au loin dans la vallée. Sa mère se laissa distraire l’espace de quelques secondes, ce qui profita à Agathe. Pendant qu’elle jeta un œil par la fenêtre, Agathe parvint à vider le contenu de son verre dans l’un des deux vases posés sur sa commode, puis avec habilité elle feignit de boire ce liquide rougeâtre avec dégoût.


    Ce fut sa première trahison envers sa famille qu’elle respectait et à qui elle obéissait. Elle se glissa sous son épaisse couverture à fleurs, tandis qu’un mélange de joie et de satisfaction l’envahissait. Cependant, ce bien-être fut de courte durée. Désormais se sentant libre sans aucun traitement, elle craignait à présent cette nuit où elle ne parvenait plus à trouver le sommeil. Se sentant coupable, elle fut rapidement prise de douleurs dans le bas du ventre, puis de nausées. Honteuse et anxieuse, elle n’eut pas le courage de se confier à sa mère et lui avouer sa supercherie. Présentée comme un enfant parfait, elle fut rongée par la culpabilité et le remord, la poussant à commettre l’impensable, s’enfuir.


    Armée d’une lampe torche, elle saisit un sac qu’elle remplit de quelques affaires. Elle s’habilla de vêtements chauds, puis sortit le plus discrètement possible sans un bruit. Longeant la grande route principale, elle s’aventura en dehors du village encore endormi. Seule cette vieille route pouvait être empruntée pour quitter la vallée. Ses pas la transportèrent au fur et à mesure vers les hauteurs. Perdue, déboussolée, sans connaître l’endroit où ses pas la menèrent, elle fut comme accompagnée d’un irrésistible désir de disparaître à jamais, marchant sans ressentir son corps qui ne lui obéissait plus. Le temps lui-même était devenu étranger et ses émotions la contrôlaient comme une marionnette. Ainsi toute la nuit elle grimpa cette côte interminable jusqu’à atteindre ce point culminant qui surplombait la vallée.


    A présent, son village a disparu. Doucement elle rouvre ses yeux, des larmes s’échappent. Elle continue sa longue marche, puis épuisée, elle s’abrite sous un arbre et perdant la notion du temps elle s’endort. Aucun cauchemar ne vient perturber ce profond sommeil. A son réveil, son village n’est plus mais la vallée est là, présente avec des odeurs nouvelles, des sons différents.


    Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Prisonnière d’un monde où pour préserver leur immortalité elle fut sous l’emprise de monstres, d’une bête se nourrissant de ses rêves, de ses cauchemars. Ce monde auquel elle appartenait n’était qu’illusion, qu’un mensonge. L’existence du village ne tenait qu’à elle, enfant innocent et insouciant. Désormais libre de sa destinée, elle s’ouvre à un monde nouveau, plein d’espoir et de rêve. C’est un nouveau départ.





    La pierre de Zélide


    Seia avait toujours été une enfant sage. Son calme et sa discrétion la caractérisaient. Rien ne semblait poser problème dans sa vie, tout se déroulait à merveille pour elle, d'un point de vue extérieur. Elle s'entendait avec les autres enfants, ses résultats scolaires restaient toujours excellents.
    Le milieu scolaire dans lequel elle avait été plongée était peuplé de jeunes enfants modèles et distingués, qui ne présentaient aucun problème pour communiquer et se lier entre eux.
    Peut-être pouvait-on lui reprocher une chose, oui. Sa sensibilité. Cette sensibilité qui la rendait très timide. Si timide, que regarder une personne droit dans les yeux relevait d'un défi presque insurmontable.


    Son apparence ingénue lui avait maintes fois sauvé la mise. Seia avait d'épais sourcils dessinés qui partaient vers les tempes, une chevelure marron glacé, une peau presque transparente, et des yeux en amande de couleur gris perle. Elle n'était pas très grande et son ossature était fine. Son sourire avait le pouvoir d'envoûter les âmes les plus endurcies. Au lieu de paraître recluse et hostile, elle donnait seulement l'image d'une jeune demoiselle qui n'avait pas encore déployé ses ailes. Elle était timide et introvertie, mais les grandes personnes disaient qu'elle grandirait et s'épanouirait, que son comportement s'expliquait à cause de la jeunesse et du manque d'expérience.



    Quelques années plus tard, au cours de son adolescence, Seia se sentit jour après jour un peu plus submergée par les sensations qui l'envahissaient au quotidien et les diverses vibrations qu'elle percevait chez les êtres humains.
    Chaque jour, ce sentiment revenait; elle pensait être différente des personnes autour d'elle. Et lorsqu'elle rencontrait une personne dont elle pouvait vraiment se rapprocher, cela ne durait pas car l'année s'achevait, elle changeait de classe, elle perdait ce contact qui lui était si précieux avec ces rares personnes.


    Elle devait se résoudre à rester une personne de l'ombre, sa difficulté à créer le contact lui barrait la route.



    Une nuit, elle rêva d'un immense château sous une violente tempête mélangée aux éclairs jaillissant de toutes parts.
    Elle se vit approcher lentement l'imposante grille d'entrée, qui devait bien faire plus de trois mètres de haut. Les pieds pataugeant dans une boue grise et dense, elle posa à peine les doigts sur le portail, qui s'entrouvrit aussitôt. Elle aperçut à ce moment une lueur argentée, au loin, comme un fantôme. Ne connaissant pas la peur dans un endroit pourtant aussi sordide que celui-ci, Seia décida d'avancer, sans réfléchir. Mais elle n'eût pas le temps de faire deux pas que la lueur s'évanouit dans une étincelle et le décor sinistre et néanmoins majestueux disparut instantanément.


    Le réveil fût un brutal retour à la réalité. Pourtant, elle était à présent persuadée qu'une facette de ce Monde dans lequel elle vivait lui avait échappé.


    Ce jour-là, elle se rendit à l'école, comme un jour parfaitement ordinaire.
    Devant l'entrée du lycée mondain, des groupes de jeunes filles qui s'observent de loin en chiens de faïence, un groupe de personnes populaires de ce côté, un groupe de personnes plongées dans les bouquins de l'autre.
    Certaines filles possédaient un sac à main qui valait certainement plus que toute la garde-robe de Seia. Même si elle s'en doutait, elle ne prêtait pas attention à ce genre de choses et ne ressentait pas d'envie de leur ressembler par l'argent dans le but de mieux se faire accepter. Elle n'arrivait tout simplement pas à accrocher à cette mentalité.
    Parfois, elle se demandait, qu'est-ce qui pourrait bien être enfoui dans le cœur de ces jeunes personnes ?


    C'est à partir de cet instant que la vie de Seia bascula. D'un seul coup, sans prévenir. Cette question avait résonné en elle, et une force inconnue se présenta à elle.
    Durant les premières heures de cours ce matin, des cours longs et interminables de philosophie (mais dont il n'était pas question de perdre une miette ainsi que tout souligner et classer proprement), la jeune femme releva un instant la tête. À l'autre bout de la classe, un jeune homme de sa classe qui était d'ordinaire dans son coin et silencieux la fixait intensément. Au même moment, une petite étincelle, comme une étrange brillance, se déposa à droite des yeux du garçon. Elle remarqua ses yeux émeraude, ses joues roses, et fût envahie d'une sensation extrêmement deroutante, qui serra son estomac, lui fit sentir la chaleur dans ses joues, et qui lui donna une envie irrésistible de lui sourire. Il lui sourit en retour.


    Jusqu'ici, tout s'expliquait, ce garçon l'attirait sans nul doute. Mais d'où venait cette confiance en elle qui l'avait poussée à sourire et ne pas détourner le regard ?
    Et surtout... Une étincelle, vraiment ? Ça, elle ne pouvait pas l'avoir inventé.


    C'est à l'heure du déjeuner, que le phénomène fût frappant.
    Après cette interminable file d'attente pour enfin s'asseoir et profiter du repas, Seia s'assit à côté d'une personne dont l'accès n'était pas verrouillé. Pour reformuler, une personne assez ouverte d'esprit pour parler avec elle.
    Juste à côté, le fameux groupe des personnes populaires venait juste de prendre place... La première place dans ce groupe revenait toujours à la personne qui serait la plus éloquente, emphatique, et dont les vannes auraient été les mieux placées.
    Tout était normal jusqu'ici. Jusqu'à ce que Seia aperçoive des couleurs qui ne devaient pas se trouver ici. Comme si une chaleur s'échappait des corps des personnes à côté d'elle. Les couleurs étaient brouillées, rougeâtres, tendant vers le gris. Elles manquaient de précision.
    Un peu sonnée, elle redirigea son regard sur la personne en face d'elle, et à nouveau, une couleur. La texture de cette couleur émanant de cette personne (qui etait plutôt une personne solitaire et honnête) était bien plus nette et plus précise. Couleur turquoise et argentée.


    Comment est-ce que ces événements avaient pu se déclencher si vite ? Et quel était ce pouvoir qui s'était mystérieusement infiltré au cœur de l'esprit de Seia ?


    Ce soir-là, elle était déterminée à connaître la vérité et comprendre ce que tout cela signifiait.
    Elle attira un cheval en dehors de l'écurie familiale et parcourut les landes environnantes en quête d'une réponse.


    Elle avait gardé avec elle la carte d'une voyante, chez qui elle se rendit, sans jamais vraiment croire aux sciences de l'occulte.
    Neyiva, la vieille voyante de 97 ans, possédait une chaumière en plein cœur de la nature. Elle avait toujours déclaré qu'elle aimait vivre en autharcie. La vie ne pouvait pas être plus belle pour elle qu'à cet endroit précis.


    Seia exposa les faits à Neyiva. Cette dernière tâtonna les mains de la demoiselle, puis les posa sur une de ses nombreuses boules de cristal. La vieille dame secoua la tête et sortit une boule de cristal contenant ce qui semblait être une flamme indigo à l'intérieur.
    À ce stade, si la magie de l'occulte existait, on pouvait s'attendre à tout.


    Neyiva releva la tête, et retroussa ses manches ornées de dizaines de bracelets aux couleurs toutes plus vives les unes que les autres. Derrière sa mèche de longs cheveux gris et frisés, son regard perçant rencontra celui de Seia.
    "L'honorable talent t'a été attribué. Tu as les pouvoirs et les responsabilités d'une médium.", annonça-t-elle.
    - Mais, qu'est-ce que ça veut dire, Madame ?
    - Que tu fais partie des personnes qui doivent utiliser ce pouvoir à bon escient. Tu connaîtras maintenant facilement les intentions des uns, et elles ne seront pas toujours bienveillantes. Mais tu reconnaîtras aussi les âmes en paix, les personnes qui vivent leur vrai but. Une personne qui sait distinguer le bien et le mal peut guider les autres. Cette Terre a besoin de personnes en éveil, afin que son peuple et ses êtres vivants soient préservés."


    Neyiva brisa la boule de cristal qu'elle avait utilisé, au sol. La flamme indigo se durcit et se transforma en pierre. Une pierre semblable à la tanzanite. Cette pierre s'appelait la pierre de Zélide.
    Elle demeura l'incarnation du nouveau pouvoir de Seia.



    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


    Pour voter, il vous suffit de copier le code suivant dans votre réponse. Je vous rappelle que pour éditer vos votes, vous devez d'abord m'en informer ou informer les maîtres des lieux : Alena et Eurynos. A vos claviers !

    Code
    1. [color=#006666]Création n°1 :[/color]
    2. [color=#006666]Note :[/color] [color=#000099]X[/color] [color=#006666]/ 10[/color]
    3. [color=#006666]Commentaire :[/color]
    4. [color=#006666]Création n°2 :[/color]
    5. [color=#006666]Note :[/color] [color=#000099]X[/color] [color=#006666]/ 10[/color]
    6. [color=#006666]Commentaire :[/color]

    Bonjour !
    Nous recherchons actuellement un nouvel adversaire face à notre très chère @LadyVixy !
    Le thème reste le même : La fugue, avec les restrictions suivantes :

    - Les mots "cheval", "enfoui" et "mystérieusement" devront être inclus.
    - Le texte devra être écrit dans un registre fantastique.

    Bien entendu, vous aurez un délai pour écrire votre texte !

    Qui est tenté ? :D

    Bonsoir à tous !


    Au nom des Division-XIII permettez-moi de vous souhaiter de bonnes fêtes !
    Nous profitons également de ce message pour mettre à jour notre présentation, ainsi que notre recrutement qui est toujours d'actualité ! Pour cela n'hésitez pas à Mp @Uncown ou @Pinguins sur le jeu pour plus de renseignements :)


    En attendant je vous dis à l'année prochaine et surtout, un bon jeu !

    Bonjour à tous !


    Nos deux auteurs qui se sont donnés pleinement dans leurs textes, viennent de m'envoyer leurs créations. Je rappelle le thème : Je ne suis pas qui tu vois.
    Avant que vous commenciez à voter, je vous rappelle aussi les restrictions qu'ils se sont imposés :

    - insérer les mots : chocolat, musculation et ornithorynque.

    Voici sans plus tarder les deux textes !




    « A plus tard Maman, passe le bonjour à la famille pour moi, ainsi qu’au petit ornithorynque comme tu le fais toujours ! » dit Farid avant de raccrocher. Cela fait maintenant longtemps qu’il n’est pas retourné dans sa petite ville natale de Msaken, au Nord de la Tunisie. Bientôt quatre ans se sont écoulés depuis que ce père de famille a décidé de poser le pied sur le sol français, et de s’y installer. Il maîtrise bien la langue, tout comme ses filles qui sont remarquables à l’école, ce qui lui a permis de sortir de nombreuses fois de situations inconfortables avec les services de police. Au grand regret de sa femme, son époux a hérité du tempérament colérique de son paternel, ainsi que les gestes qu’il a pu observer dans le comportement de celui-ci. Farid est connu des services locaux pour quelques vols à l’étalage, mais rien de bien plus sévère.


    Après avoir repensé aux bons moments qu’il a pu passer avec ses proches, le jeune homme s’assoit sur le canapé du salon, ordinateur sur les genoux, carré de chocolat sur la table, et observe son écran de téléphone avec insistance et nervosité. On peut observer son biceps se contracter, partie de son corps qu’il apprécie –surtout lorsque sa « petite veine » ressort - et qu’il développe particulièrement lors de ses séances de musculation.


    Quelques dizaines de minutes plus tard, son Nokia 3310 émet un son que tout le monde a déjà entendu, LA sonnerie fatidique de ce téléphone incassable. Elle tire Farid de ses pensées de la veille, qui fut remplie d’émotion suite à des difficultés de préparation et d’organisation.


    « Allo » dit-il après avoir décroché. Au bout du fil, un homme à peine réveillé lui engage la conversation.


    « - Allo Farid, c'est moi. Tu vas bien ?


    - Salut Marc, et bien écoute, je vais bien même si je suis vraiment claqué, la journée d’hier m’a pris pas mal de ressources et était assez éprouvante … Quoi de neuf de ton côté ? " lui demande-t-il tout en croquant dans son chocolat.


    - « J'imagine bien… », lui répond son interlocuteur, « … Mais ne t'en fais pas, c’est comme une recette, tu sais ce qu’on dit ; plus la préparation est longue et compliquée, plus le résultat vaut le coup, crois-moi, je suis déjà passé par là.


    - Oui je suis au courant, même si ça ne fait pas longtemps et que je débute ici, j'ai toujours été une personne prêtant attention au moindre détail et faisant en sorte que tout soit bien exécuté comme il faut. Ne t’en fais pas Marc.


    - Mhh, d’ailleurs, je t'appelle car le Boss se pose des questions. Il se demande si ton boulot avance, car pour lui la date d'échéance arrive à grand pas, et tu sais comme il est minutieux avec le travail » lui rappelle Marc.


    « - Oui, je le sais qu’il est pointilleux, et ne t’inquiètes pas, tu peux le rassurer, tout est fin prêt, et sa livraison aura lieu sans accrocs ni retards ! » s’exclame le nouvel employé.


    « - Parfait, tu m’en vois rassuré, car je t’avoue qu’il s’inquiète énormément pour toi et ton avenir. Et s’il te plait, n’oublie pas, car je sais que tu es tête en l’air, donc je te le répète encore une fois : une ville possède de nombreuses routes avec au minimum autant de raccourcis. Si tu vois que tu es en retard, n’hésite pas, le Boss net'en voudra pas si tu abîmes un peu le camion. Tant que la marchandise est livrée à temps, tout ira bien. Il semblerait que ce soit une commande avec un maximum de personnes tu vois, du coup quitte à prendre quelques risques, ça en vaut clairement la chandelle, surtout à l’approche des fêtes. Après, n’abuses pas hein, tu as le droit de l'abîmer un peu comme quelques égratignures ou impacts sur le pare-brise et les portières, mais si tu exploses le camion tu auras les remontrances du chef, il faut qu’il puisse retourner chez l’expéditeur ! Sur ce, je te laisse,souffle un coup et fonce l'ami, salut ! "


    Farid n’a pas le temps de répondre que son ami a déjà raccroché. La tension commence à monter dans tout son être, et s’il n’était pas à la hauteur ? Et s’il ne s’exécutait pas correctement ? Il décide alors de descendre dans la rue et de se rendre au bar du coin afin de décompresser autour d’une boisson gazéifiée et de quelques discussions à droite à gauche. La vieille dame du comptoir l’apprécie, ainsi que le petit jeune du quartier voisin,avec qui il joue souvent à la pétanque.


    La soirée se termine et Morphée emporte Farid dans de nouveaux horizons très lointains.


    ______________________________________


    Le lendemain, 14 juillet 2016, un Flash Info de dernière minute sur la chaîne télévisée numéro 1 est diffusé.


    « Selon nos informations en temps réel, une attaque terroriste islamiste au camion bélier s’est déroulée il y a quelques minutes sur la promenade des Anglais, à Nice, dans le Sud-Est du pays. Le conducteur du poids lourd aurait roulé sur plus de deux kilomètres, entraînant tout sur son passage et prenant pour cible le plus de civils se présentant sur son chemin, à l’issue du feu d’artifice ayant eu lieu pour célébrer la fête nationale. A l’heure actuelle, nous pouvons comptabiliser 81 victimes, et le conducteur, apparemment identifié au nom de Farid Mounir, vient d’être abattu par la police après avoir tenté d’ouvrir le feu sur les officiers. Cet homme n’était pas connu des services de police, et était décrit comme un homme tout à fait banal par son entourage ainsi que ses voisins. »










    Après une soirée forte en émotions, en danse et en alcool, il était temps de rentrer chez soi. Le problème était simple : à cinq heures du matin, il n'y a plus de métro. Ce n'était pas très dérangeant pour Dani, habitué à marcher à longueur de journée, sauf que cette fois-ci il n'était pas dans sa ville de prédilection ; Londres est bien moins rassurante, la nuit, que Paris.
    Dani sortit son smartphone pour obtenir l'itinéraire le plus court et le plus rapide.
    Il salua ses amis et partit en direction du nord-ouest londonien.


    De rues éclairées aux petites ruelles sombres n'ayant que d'anciens candélabres dont la saleté rendait obsolètes, le jeune homme n'était pas des plus rassurés. Son regard se posait sur tout élément potentiellement suspect. Un rat enfoui dans une poubelle qui fuyait à son approche, les yeux brillants d'un chat entre deux voitures, un carton potentiellement habité par un homme, tout était prétexte à presser le pas.
    Pour essayer de penser à autre chose, Dani avait vissé les écouteurs de son téléphone dans les oreilles, laissant Bach, Beethoven et autres compositeurs classiques envahirent son esprit.


    « À deux-cent mètres, tournez à droite. »


    La voix du GPS le fît sursauter.
    Étonné, il regarda l'itinéraire exacte, mais ses doutes étaient fondés : il devait traverser Kensington Park pour se rendre à son hôtel. Il n'en avait aucune envie. Il hésita à contourner le parc, mais cela allongerait son trajet de trente à cinquante minutes. Hors, il avait froid, faim, était fatigué et ne souhaitait pas se laisser envahir par une peur inutile.


    Dani prit une forte inspiration et s'engouffra dans le parc, où les lampadaires étaient très rares et dont l'odeur de l'herbe humide du matin ne le rassurait guère.
    Plus alerte que dans les rues qui lui paraissaient soudain insignifiantes, il avançait d'un pas énergique, la tête faisant gyroscope et le son de sa musique au quasi-minimum pour pouvoir identifier tout mouvement ou bruit suspect.
    Deux, trois, quatre minutes... Il n'y avait vraiment aucune raison d'avoir peur. Encore un cliché que la société crée : des méchants se cachent dans les parcs pour tuer les fêtards qui s'y pénètrent tard le soir, ou très tôt le matin.


    Cependant, Dani fût pris de panique lorsqu'il s'est trouvé à quelques mètres de l'étang du parc. Habituellement agrémenté de cygnes blancs, de canards et entouré des touristes espérant y voir un ornithorynque, il n'était désormais plus qu'un miroir noir et blanc de la métropole aux visages de monstres aux multiples yeux qu'étaient les gratte-ciels. À cela est venue s'ajouter une brume épaisse.
    Le jeune homme avait beau utiliser la lampe de son smartphone pour tenter de voir ce qui se trouvait devant lui, il ne pouvait plus voir au-delà d'un mètre. Devait-il faire demi-tour ? Si quelqu'un le voyait avec sa lampe, était-il apte à courir à travers l'opacité grise sans se perdre ?


    Après d'interminable secondes de réflexion, Dani choisit de continuer son chemin. Tant qu'à faire, autant vivre sa vie au risque de la perdre plutôt que d'avoir peur de ce qu'il critique habituellement : la crainte que la société crée pour justifier l'existence d'outils répressifs et préventifs de plus en plus liberticides dans les grandes villes.


    La main gauche serrant le smartphone de toutes ses forces, le poing droit fermé à s'enfoncer les ongles dans la paume, et le cœur battant la chamade, Dani avança en tentant de se convaincre que rien n'allait se passer. De toute façon, il ne lui restait plus qu'une petite quinzaine de minutes avant d'être sorti du parc. Que pouvait-il se passer un si court laps de temps ?


    « À cinquante mètres, tournez légèrement à gauche puis continuez tout droit. »


    Quoi !?! Il n'y a pas de chemin à gauche... Faut-il couper par l'herbe ? Apeuré, Dani choisit de continuer sur le chemin en terre, ne voulant pas s'aventurer dans un endroit encore moins cadré. C'est alors, au bout de deux minutes sur le chemin qu'il pensait plus sûr, qu'il vit une silhouette venir de la droite.
    La silhouette, accompagnée d'une plus petite silhouette tenue en laisse, venait droit sur le jeune homme. Ce dernier, accéléra autant qu'il le pouvait, sans pour autant courir, mais l'ombre et son chien fonçaient indéniablement sur lui. Il était fait. Son cœur était prêt rompre sa cage thoracique, ses jambes flagellaient, les sensations de l'alcool disparurent en un instant. Aucune échappatoire. Crier dans un parc désert où la nuit avale tout, courir dans une direction inconnue sur un sol glissant, ou appeler la police, n'auraient été d'aucune aide.


    Dani était donc fin prêt à faire face au démon et son cerbère. La lumière du téléphone disparût dans sa poche de jean, les écouteurs tombèrent dans le col en V de son pull cachant d'hypothétiques tablettes de chocolat. Le jeune homme se mit en position de combat pour recevoir les coups de son assaillant à la musculation bien visible.
    L'attente du duel fût interminable. Le colosse au chien s'approcha. La brume semblait se dissiper à son arrivée et son visage se dessinait petit-à-petit. Un homme blanc, trentenaire, d'un mètre quatre-vingt-dix, le crâne rasé, une balafre au niveau de l'œil droit faisait désormais face à un homme chétif, d'un mètre soixante-cinq, avec une mèche sur les yeux et un regard terrorisé : Dani.


    Le grand homme regardé Dani droit dans la pupille de ses yeux, s'approcha encore un petit peu et s'arrêta. Il sortit quelque chose de la poche de son blouson de jean déchiré : un sac plastique. Dani allait être tué par asphyxie. Une mort atroce qui laisse peut de traces. Incapable de bouger, il s'avoua définitivement vaincu. Le monstre se baissa lentement face au jeune homme jusqu'à toucher le sol avec sa main couverte du sac plastique.
    Dani n'en revenait pas... La brute épaisse ne faisait que ramasser la crotte que son gros chien venait de faire devant lui.
    Une fois, l'objet du litige retiré du sol, le géant se releva, sourit à Dani, puis il reprit sa route dans une direction opposée.


    Probablement blanc comme un linge, le jeune français reprit sa respiration, coupée depuis trop longtemps, et il finit son chemin sans embûche, l'esprit torturé par ce qu'il venait de faire : avoir d'un individu qui ne lui voulait aucun mal, au simple prétexte qu'il avait une tête de méchant de film.



    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


    Pour voter, il vous suffit de copier le code suivant dans votre réponse. Je vous rappelle que pour éditer vos votes, vous devez d'abord m'en informer ou informer les maîtres des lieux : Alena et Eurynos. A vos claviers !


    Code
    1. [color=#006666]Création n°1 :[/color]
    2. [color=#006666]Note :[/color] [color=#000099]X[/color] [color=#006666]/ 10[/color]
    3. [color=#006666]Commentaire :[/color]
    4. [color=#006666]Création n°2 :[/color]
    5. [color=#006666]Note :[/color] [color=#000099]X[/color] [color=#006666]/ 10[/color]
    6. [color=#006666]Commentaire :[/color]