Invisibles

    This site uses cookies. By continuing to browse this site, you are agreeing to our use of cookies. More details

    • Invisibles

      Cela faisait dix ans que je travaillais pour le Parti. Au départ, je servais simplement en tant que scribe. J’étais chargé de rédiger les lettres que le Président envoyait aux autres membres. Un petit boulot, en somme, mais je n’étais pas payé. On commençait à être payé à partir du moment où on partait en mission sur ordre du Parti. Les missions étaient multiples, mais souvent, il s’agissait d’espionnage. Le Parti était tout pour moi. Je n’ai jamais connu mes parents. Le Président m’a recueilli à l’âge de huit ans et m’a tout appris. Petit à petit, j’ai gravi les échelons. Il semblerait que mes capacités étaient supérieures à la normale, mais je ne savais pas trop ce que c’était « la normale ». Quoi qu’il en soit, je me suis fait remarquer à la suite d’une mission d’espionnage réputée impossible : personne ne voulait la prendre en charge. On préférait perdre un bras ou une jambe plutôt que de risquer sa vie pour le groupe. Moi, je l’ai faite, parce que je ne vis que pour le Parti. C’est ainsi que j’en suis arrivé à ma condition actuelle : j’ai enchaîné les missions les plus dangereuses et j’ai su me faire une place parmi eux.

      En ce mois de mai, j’allais, comme toujours, en direction du quartier général du Parti. A la radio, on parlait souvent de nous comme le « Parti ». Mais ce n’est qu’un nom. Nous ne sommes pas vraiment un Parti, mais un groupe d’espionnage. Nous ne sommes pas à la charge de l’État, mais si besoin, nous leur fournissons quelques informations à propos de certains groupes illégaux, que ce soit des trafiquants de drogue ou des réseaux de prostitution. Alors que je m’apprêtais à ouvrir la porte de l’immeuble où nous nous retrouvions, quelqu’un m’attrapa par derrière. Il m’empêcha de respirer avec un mouchoir. Je me débattais, criant et espérant que quelqu’un vienne m’aider. Il était trop fort. Le mouchoir contenait du gaz soporifique. Il ne me fallut pas longtemps pour m’endormir …

      …………………..

      Quand je me suis réveillé, j’étais attaché à une chaise, dans une sorte de hangar mal éclairé. L’une des lumières clignotait. Dix hommes armés s’y trouvaient. Je ne savais pas qui ils étaient. Néanmoins, je supposais que l’aigle en argent aux ailes ouvertes représentait le logo de leur parti. Un drapeau avec cet aigle flottait tout au fond et ils en avaient un attaché à leur uniforme. Je ne connaissais pas ce signe. Un des hommes s’approcha :

      « - Tu es réveillé ? (Je ne répondais pas) Tu n’as pas à avoir peur. Nous ne sommes ni contre, ni pour le Parti auquel tu appartiens. Tout ce que nous voulons, c’est que tu réalises une mission pour nous.
      - Je n’agis que pour le Parti.
      - On le sait ça. On sait également que tu es quelqu’un de très bon en espionnage. Mais j’ai besoin de savoir quelque chose avant. Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ? (J’étais étonné de la question.) Je suppose que la réponse est non. Ne t’en fait pas, ce qu’on te demande sera facile. »

      Il se mit à parler une langue étrangère que je ne connaissais pas. Pourtant, au vu de son accent, il ne me paraissait pas être un étranger. Mon esprit était envahi par des centaines de questions. Je devais sortir d’ici. Je regardais aux alentours afin de voir s’il n’y avait pas une échappatoire, tout en faisant attention aux faits et gestes de mes ravisseurs. Je repérais une porte en métal au loin, mais je ne pouvais pas dire si elle était ouverte ou non. Il semblerait qu’elle n'ait pour serrure qu’un simple loquet baissé. C’est déjà suffisant pour moi. Dès qu’ils me détacheront, je foncerais vers cette porte et je m’enfuirais.

      « - Tu penses à t’enfuir ? dit l’homme en riant. Ne t’en fait pas, la porte est ouverte ! Nous ne sommes pas là pour te piéger, simplement pour te remettre sur le droit chemin. Tiens, regarde cette vidéo. »

      Devant moi, ils installèrent un poste de télévision plutôt ancien et insérèrent une cassette vidéo dans le lecteur. La vidéo était en noir et blanc et il n'y avait pas de son. On pouvait voir un homme et une femme assis dans un bureau, avec en face, sûrement, leur patron. En y regardant de plus près, je reconnaissais le Président. L’homme et la femme étaient de dos. Je n’arrivais pas à les reconnaître. Peut-être qu’ils étaient aussi des membres du Parti. Je vis le Président sortir une arme de la poche de sa veste. L’homme et la femme ne bougeaient pas, mais je pouvais sentir que la peur les envahissait. L'homme reçut une balle dans la tête et s’effondra sur son siège. Du sang coulait de la chaise au goutte à goutte. Le Président dirigea alors son arme vers la femme et tira.

      Message modifié 1 fois, dernière modification faite par “Miiew” ().

    • C'est pas mal tout ça, comme je te l'ai déjà dit sur Discord ! Même si avec ce début de récit on a une histoire d'espionnage assez classique, j'ai hâte de savoir où tu comptes emmener les lecteurs.

      Miiew a écrit:

      que ce soit des trafiquants de drogue ou des réseaux de prostitution. Alors que je m’apprêtais à ouvrir la porte de l’immeuble où nous nous retrouvions, quelqu’un m’attrapa par derrière
      J'ai particulièrement bien aimé ce moment, tu passes très brutalement de la description du Parti à l'enlèvement du protagoniste, cela montre que l'agression arrive comme ça, brusquement.

      Bonne chance pour la suite (si suite il y a) :)
    • « - Tu t’es remis de tes émotions ? » me demanda l’autre. Quand j’ai vu cette femme se faire tuer, j’ai commencé à me sentir mal. Ou alors était-ce la vue du sang. Je n’ai jamais supporté la vue du sang. Ma tête tournait encore, mais je constatais que j’étais toujours aussi bien attaché à cette chaise. Il ne restait plus que trois hommes dans le hangar, en comptant l’homme qui me parlait depuis toute à l’heure et qui devait sûrement les diriger. Pour avoir dix gardes du corps, ce devait être quelqu’un de très important.

      « - Cet homme et cette femme que tu as vu, ce sont tes parents.
      - Quoi ?
      - Le Président leur a demandé de faire une mission dangereuse, continua-t-il. C’était ses deux principaux espions, et les meilleurs. Bien sûr, ils ont accepté. La mission s’est cependant mal déroulée : ils ont été capturés par des trafiquants de drogue qui se sont faits un plaisir de les torturer. Ils ont dû dévoiler des informations sur le Parti pour s’en sortir. En revenant, ils sont partis s’excuser auprès du Président. Mais des excuses ne suffisent pas, comme tu le sais. La sentence ne s’est donc pas faite attendre : pan ! Une balle dans la tête. Nous sommes d’anciens membres du Parti. Nous avons décidé de partir et de regrouper les meilleurs membres pour réaliser notre mission. Tu étais l’élément qu’il nous manquait.
      - Mais bien sûr ! Répondez-moi : qui êtes-vous vraiment ? Si vous voulez me torturer, sachez que je ne ferais pas comme ces deux idiots que vous me décrivez. Le Président m’a déjà parlé de ces déchets qu’étaient mes parents. Mon père, c’est le Président. Ma famille, c’est le Parti. Ma mère, c’est ma mission.
      - Nous sommes d’anciens membres du Parti, rétorqua un autre homme derrière moi, ou plutôt ses véritables membres. Nous ne te torturerons pas. Néanmoins, tant que tu refuseras de te soumettre, nous serons obligés de te garder ici. Il vaut mieux pour toi que tu coopères, sans quoi, tu ne pourras jamais revoir ta « famille » et retrouver ta liberté. »

      L’homme situé derrière moi fit le tour de ma chaise pour se placer devant moi. Je ne l’ai même pas entendu arriver.
      « - Vous êtes qui ? demandai-je.
      - Actuellement, je suis le Président. Le véritable Président du Parti. Je m’appelle James. »

      C’était à n’y rien comprendre. J’étais tellement perdu que j’étais pris d’un rire nerveux. Lui, il s’appelait James ? Lui, James ? J’étais curieux de savoir son nom de famille. Parce que si lui, c’était James, alors qui était le James qui était actuellement le Président pour lequel j’avais tout fait parce qu’il m’avait recueilli ? Qui était-il ?

      « - Je suppose que tu te demandes quel est mon nom de famille. Sache que c’est bien ce que tu penses. Je suis James Weaver et il est James Weaver. »
      …………………..

      Je n’arrivais pas y croire. Comment peut-il y avoir deux James Weaver ? Qui est le véritable James Weaver ? Est-ce qu’il y en a un vrai d’ailleurs ? Tout se bouscule dans ma tête. Je me souviens parfaitement que l’homme qui m’a recueilli quand j’avais huit ans s’appelait James Weaver. C’est lui qui m’a tout enseigné. Je n’ai appris qu’à l’âge de seize ans qu’il travaillait pour le Parti. Quand j’ai su ce qu’il faisait, j’ai tout de suite voulu travailler avec lui. Après tout, je n’avais que lui. Mais comment James Weaver a-t-il pu changer ? L’homme que j’avais en face de moi n’avait rien en commun avec le Président. Le Président était blond, James Weaver était brun. Le Président portait des lunettes, James Weaver n’en portait pas. Le Président avait une voix rauque et sans émotion, James Weaver une voix modulée et prosaïque. Il n’y avait que leur costume noir en commun. Même leur taille était différente : je suis sûr que le Président était plus grand que James Weaver.

      J’essayais de me rappeler s’il y avait eu un changement dans le comportement du Président lorsque j’étais enfant, mais je n’en avais aucun souvenir. Le James Weaver que j’ai connu a toujours été le Président. Mais alors pourquoi cet homme se faisait passer pour lui ? Qu’est-ce qu’il cherche en faisant ça ? A me faire basculer de son côté ? Si c’est ça, je peux dire que son coup a foiré. S’il pense être plus intelligent que moi, il se met le doigt dans l’œil. J’ai compris son manège, ou plutôt leur manège. A bien y regarder, je n’ai jamais vu aucun des hommes présents ici au Parti. Même sur les anciennes photos du Parti, je ne me souviens pas avoir vu une personne leur ressembler. Nous ne sommes pas beaucoup, moins d’une dizaine, alors qu’eux sont plus d’une dizaine. Et jamais le Parti n’a eu plus de dix membres. S’ils sont tous du Parti, ils n’ont pas fait attention aux petits détails qui trompent. Désormais, je suis sûr : ils veulent simplement me tromper. A moi d’être plus malin qu’eux.

      « - Je ne comprends pas grand-chose à tout cette histoire, avouai-je. Mais si ce que vous dites est vrai, je travaillerai pour vous. S’il y a bien une seule personne pour laquelle j’accepterai de travailler, c’est James Weaver, parce que James Weaver est mon seul père. »

      L’un des hommes armés murmura quelque chose à l’oreille de ce faux Président. Il ne bougeait pas et son visage restait impassible. Impossible de savoir de quoi ils parlaient. Tout ce que je voulais, c’est qu’on me détache. L'homme qui parlait avec le faux Président sortit du hangar, le faux Président ne bougeant toujours pas. Je le regardais droit dans les yeux et je sentais qu’il savait que je doutais de la véracité de ses paroles. Mais est-ce que lui doutait de la mienne ? J’eus rapidement ma réponse : il commanda à l’'un des deux hommes de me détacher, du moins c’est ce que je compris puisque cet homme vint ensuite défaire mes liens. Enfin ! Je me levais doucement, massant mes poignets qui me faisaient mal. Ils n’y sont pas allés de main morte. Je restais sur place et regardais aux alentours. Cinq hommes m’encerclaient. D'où ils sortaient d'ailleurs ? Je suppose qu'ils ont été appelés toute à l'heure. Ils me demandèrent de les suivre. Je me retournais alors pour aller dans leur direction, puis m’enfuyais vers la porte que j’avais vue auparavant. Ils réagirent au quart de tour : une balle me toucha la jambe. Je tombai, hurlant de douleur. Les cinq hommes braquèrent leur arme sur moi. J’étais fichu.
    • Ils m’avaient embarqué dans leur camion. Ma jambe saignait énormément et on m’avait à nouveau attaché. J’ai vraiment été stupide sur ce coup. La prochaine fois, je ferai plus attention. Mais bon, je préfère mourir en ayant perdu tout mon sang que de leur donner n’importe quelle information sur le Parti. Malheureusement pour moi, ils n’étaient pas du même avis : ils ne me laisseraient pas me vider de mon sang. L’homme qui m’avait parlé auparavant était avec moi. Il retira le haut de son uniforme et arracha une partie de la manche de sa chemise pour me faire un garrot. J'étais à la fois dégoûté et soulagé.

      « - Te laisser mourir n’est pas une solution si tu souhaites nous échapper, rétorqua l’homme. Nous ne te laisserons pas faire, tant qu’on sera avec toi du moins. Voilà pourquoi tu seras surveillé toute la journée par nos hommes.
      - Tu peux pas me dire qui tu es à la fin ?
      - Oh ! C’est vrai, je ne me suis toujours pas présenté. Je m’appelle … En fait, je pense que tu peux facilement le deviner. »
      Il me souriait. Ce mec se foutait de moi, c’est clair. Je ne l’avais jamais vu de ma vie, et il espérait que je le reconnaisse ! Alors ça c’est la meilleure. J’ai l’impression que ce sont tous des tarés dans ce groupe.
      « - Je suis devenu Dieu entre temps ? rétorquai-je ironiquement.
      - Loin de moi cette idée ! Mais puisque tu ne le devines pas, je vais te le dire. Je m’appelle Allan Moore. »
      - Et moi je suis le sosie du Père Noël, ça se voit pas ? »

      J’en avais marre de ces absurdités. Allan Moore ? C’était mon compagnon principal lors de mes missions. Et tout ce que je peux dire, c’est que je l’avais assez vu pour voir que cet « Allan Moore » n’était pas Allan Moore. Peut-être que je ne suis toujours pas réveillé. Ou alors je deviens fou. Je ne comprends plus rien à ce qui se passe …
    • Le camion s’arrêta brusquement. C’est étrange, ça ne faisait que quelques minutes que nous roulions. Le hangar n’était peut-être pas situé très loin de leur quartier général. J’attendais que les portes s’ouvrent. La lumière m’aveugla un court instant. Il faisait gris, mais pas froid. Deux hommes m’aidèrent à descendre du camion et à aller dans l’immeuble. C’était un hôtel de luxe, Le Standing. L’entrée était relativement chic et le hall possédait même un lustre fait d’or et de diamant. Je dois dire que même le Parti n’est pas aussi bien logé … On m’emmenait vers l’ascenseur pour le dernier étage. Le papier peint de cet étage avait des petites fleurs de lys dorées sur un fond de couleur crème en motif. Le tapis rouge était également bordé d’or. La plupart des portes d’entrée des suites étaient gardés par des hommes armés. On peut dire que la sécurité n’est pas des moindres ici. On m’emmena dans la chambre 5009. L’intérieur y était tout autant somptueux : un grand salon avec des fauteuils qui me paraissaient extrêmement confortables, deux chambres avec des lits à baldaquin (l’un noir et or et l’autre rouge et blanc, avec des diamants) et une salle de bain avec jacuzzi. La vue était également splendide. C’était digne des plus grands hôtels. Je me demande où ils trouvent leur argent, si ce n’est dans des trafics de drogue. A tous les coups, ce sont des mafieux ou des trafiquants. Je devrais me méfier et essayer de récupérer quelques informations sur eux. Je ne pourrais pas avoir leur nom, mais je devrais pouvoir avoir d’autres informations. Si ça peut aider le Parti. Allan m’interrompit dans mes pensées :

      « - Il est temps maintenant de tout t’expliquer. Libre à toi de nous croire ou non. Cependant, sache simplement que nous ne sommes pas là pour te piéger. Si après tout ça tu ne veux toujours pas nous rejoindre, nous te laisserons partir et tu chercheras des preuves par toi-même de ce que nous affirmons, tout en essayant de ne pas te faire tuer. Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser. Nous ferons de notre mieux pour y répondre.
      - Et qu’est-ce qu’il se passera si je vous crois ?
      - Pas la peine de s’intéresser à ça. Tu ne nous croiras pas de toute façon. Nous te connaissons assez bien pour savoir ce que tu feras ou ne feras pas. Nous avions déjà prévu que tu chercherais à t’enfuir dès l’instant où nous te détacherions.
      - Vous m’avez espionné pendant tout ce temps ?
      - Oui, répondit James. A vrai dire, tu n’es pas le seul que nous avons surveillé. Nous vous avons tous surveillé, que ce soit toi ou nos doubles. Enfin, il ne s’agit pas à proprement parler de double, mais de remplaçants. Nous étions bel et bien membre du Parti auparavant, nous ne mentons pas. Néanmoins, certaines choses sont arrivées, et nous avons décidé de partir. Nous faisons partie du groupe Invisibles. Nous avons cédé notre identité à ces nouveaux membres pour créer notre propre groupe : celui des gens qui n'ont plus aucune existence aux yeux de ce monde.
      - C’est impossible. Chaque personne a sa propre identité et il est impossible de prendre l’identité d’un autre s’il est encore vivant.
      - Pas si l’on nous déclare pour mort, m’avoua Allan. Nous sommes officiellement morts aux yeux de l’Etat, tout ça grâce à ton cher Président qui a affirmé nous avoir tués. Avec les informations que le Parti regroupait pour aider l’Etat et l’argent qu'il nous avait pris à notre insu, il nous a facilement fait passer pour mort en donnant ces informations accompagnées de pots-de-vin. Il a ensuite demandé à chacun des membres du Parti de changer d’identité, là encore grâce à son influence au sein de l’Etat. Nous avons décidé d’entrer dans son petit jeu et avons créé ce groupe dans un seul et unique but. Néanmoins, il nous manquait une personne.
      - Tes parents n’ont pas voulu nous suivre, ou plutôt, ils ont décidé de se sacrifier pour toi, continua James. En effet, tu étais un élément important, dans la mesure où si tu avais les mêmes capacités que tes parents, tu aurais été l’un des meilleurs membres du Parti, ce qui s’est révélé exact. Le Président avait menacé de te tuer si jamais tes parents refusaient de rester avec lui. Quelques années plus tard, ils ont échoué l’une de leur mission, et comme tu l’as vu, ils ont été tués. Le Président t’a alors récupéré pour éviter que tu ne finisses avec nous. Mais, à vrai dire, comme nous ne connaissions pas tes capacités, tu ne nous intéressais guère. Il t’a ensuite appris le b.a.-ba et nous avions compris que tu étais l’élément manquant que nous recherchions pour réaliser notre objectif.
      - Et quel est votre objectif ?
      - Tu ne le sauras que lorsque tu accepteras de travailler avec nous, affirma Allan. »

      La décision me revenait à moi. L’histoire était certes farfelue sur certains points, mais elle tenait à peu près la route. Le seul point qui me gêne, c’est le fait qu’ils aient encore de l’argent à leur compte, alors qu’ils sont considérés comme morts aux yeux de tous. Sans compter que le Président est capable d’utiliser leur argent. Quelque chose cloche à ce niveau-là, et c’est d’ailleurs le point le plus étrange : comment des morts peuvent-ils être aussi riches ? Un héritage perdu ? Ou alors l’immeuble dans lequel ils vivent travaille pour eux et ils prennent leur argent autre part. C’est possible … Mais je n’ai aucune preuve. Ce qui est sûr, c’est que j’ai récolté assez d’informations pour pouvoir les donner au Président. Voilà pourquoi j’ai pris cette décision : « Je ne vous crois pas. »
    • Comme ils me l’avaient annoncé, ils m’ont libéré. Ils m’ont d’abord déposé à l’hôpital, où ma jambe a pu être guérie, puis j’ai pu retrouver une vie normale. Il était temps pour moi de retourner au Parti. Je devais tout dire au Président. J’étais si fier de moi ! J’avais réussi à trouver un groupe illégal qui volait l’identité des autres, tout en m’échappant et en récoltant plusieurs informations à son sujet ! Sans compter que ses membres se faisaient passez pour nous.

      Le Parti n’a rien d’illégal : c’est un groupe parfaitement conforme et respectueux de la loi. Nous avons tout fait pour faire régner la loi sans faire preuve de violence. Nous ne faisons que récolter des informations personnelles sur chaque personne, dès que nous les soupçonnons de faire partie d’un trafic illégal, pour les donner à l’Etat. Qu’est-ce qu’il y a de mal à juger les gens par leur apparence et à faire en sorte que ces dégénérés finissent en prison, après tout ? Le Parti est le meilleur qui soit et rien n’est meilleur que le Parti. C’est ce que le Président m’a appris. Voilà pourquoi je ferais tout ce que le Parti me demandera.

      Je me trouvais dans la ruelle qui menait à la base du Parti. Cette fois-ci, je faisais attention à mon entourage, afin de ne pas me faire attraper de nouveau. J’ouvris la porte et pénétrai à l’intérieur de l’immeuble. Jusqu’ici, tout se passait bien. Je montai les escaliers en ferraille qui conduisait au bureau du Président, puis toquai. Je l’entendis m’autoriser à entrer. J’entrai dans la pièce en refermant la porte derrière moi. Rien n’avait changé : la bibliothèque, toujours présente dans le coin à droite, avec Mein Kampf sur son support en verre (il l'avait étudié et le Président l'a toujours considéré comme un livre dangereux mais aussi extrêmement précieux), bien en évidence. Le bureau en bois du Président sentait toujours le neuf. Les deux chaises me ramenaient à ma condition habituelle : cette couleur crème grisée montrait bien que ces chaises avaient pris de l’âge et de la poussière. On était très loin de ce que j’avais vu dans cet hôtel de luxe. Le Président se retourna vers moi, puis croisa les mains sur son bureau pour soutenir sa tête.

      « - Bonjour, Président. J’ai plusieurs nou…
      - Pourquoi étais-tu absent ces derniers jours ? J’avais une mission à te confier, mais je n’ai pas pu te trouver. Où étais-tu ?
      - J’ai été emmené par un groupe qui s’appelle Invisibles(A ce nom, le Président se mit à grimacer étrangement). J’ai appris qu’ils avaient volé l’identité des membres du Parti. Deux de ces hommes se faisaient appelé James Weaver et Allan Moore. Ils logent dans un hôtel de luxe, Le Standing, au dernier étage, dans la chambre 5009. L’entrée est bien gardée, mais on devrait pouvoir y pénétrer. »

      Le Président ne répondait pas. Il me regardait froidement. C’est étrange, je pensais qu’il serait beaucoup plus heureux d’apprendre une telle nouvelle. Après tout, j’ai quand même risqué ma vie pour en apprendre autant. Je me rappelais alors de ce que m’avait dit Allan. « Tu chercheras des preuves par toi-même de ce que nous affirmons, tout en essayant de ne pas te faire tuer ». Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Le Président serait-il déjà au courant ? Tout en essayant de ne pas te faire tuer. Des preuves. Je ne comprenais pas, et je n’avais pas le temps de réfléchir plus que ça. Le Président venait de sortir une arme de sa veste et la braquait sur moi. J’ai juste eu le temps de plonger au sol pour éviter la balle. Plusieurs autres balles furent tirées. Je me protégeais la tête avec mes mains, recroquevillé au sol, contre l'une des chaises. Quand il dût recharger son arme, je me relevais, à quatre pattes, et me dépêchait d’aller vers la porte. Il tira à nouveau.
      …………………..

      Mon bras me faisait extrêmement mal. Le garrot que je me suis fait n’était sûrement pas assez serré. Pourquoi le Président a-t-il fait ça ? Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour mériter ça ? Je n’ai fait que rapporter des informations, qu’y a-t-il de mal à protéger le Parti ? « Tu comprends, maintenant ? » Je me retournai et reconnaissait le faux Allan. Ou plutôt le vrai, celui du groupe Invisibles. Ils n’avaient peut-être pas menti finalement. Peut-être que le Président me garde simplement pour m’empêcher de les rejoindre. Peut-être que je ne suis en réalité qu’un prisonnier dans ce Parti. Mais, malgré tout, j’ai toujours confiance en eux. Je ne peux pas croire ce qu’il vient de se passer. Même si la douleur de la balle dans mon bras me ramenait à la réalité des faits, je ne pouvais malgré tout pas croire ce qu’il s’était passé.

      Allan m’emmena avec lui dans sa Porsche. Il me refit mon garrot avec un bandage qui traînait dans la boîte à gants. Je le remerciai. Même si j’étais toujours attaché au Parti, je ne me souviens pas avoir vu une seule personne être aussi sympathique avec moi. Même mon compagnon Allan n’était pas aussi sympathique. Si je me blessais, je devais me débrouiller par moi-même. L’entraide n’existait pas. C'était leur façon de faire, pour nous renforcer.

      « - Pourquoi vous avez besoin de moi, alors ? demandai-je.
      - Tu le sauras bien assez tôt. Avant toute chose, il faut qu’on s’éloigne d’ici. Ton petit compagnon nous suit de près depuis toute à l’heure. »

      Il m’indiqua l’endroit où se trouvait l’autre Allan avec son doigt. Je ne le reconnaissais pas tout à fait, mais j’apercevais effectivement la silhouette d’un homme à l’intérieur d’une voiture dans la ruelle qu’il m’avait indiquée. Il semblerait qu’il ait des jumelles pour nous surveiller. Il a dû lire sur nos lèvres. Je comprends pourquoi Allan ne veut rien me dire maintenant. Il démarra et nous prîmes la route.

      « - Tu penses pouvoir le semer ? Je te préviens, c’est un professionnel pour la filature. Il nous retrouvera, ou que nous allions. Et puis, j’ai déjà donné pas mal d’informations sur vous au Président.
      - Je sais. Voilà pourquoi nous t’avons emmené dans des lieux où nous n’étions auparavant jamais aller. Nous t’avons étudié de près, crois-moi. On te connait mieux que tu ne te connais. Tu n’arriveras pas à nous piéger. Et évite de nous prendre pour des idiots, c’est un peu rabaissant de ta part. On reconnaît tes capacités, mais ça ne veut pas pour autant dire que nous sommes des incapables. Et c’est la même chose pour les autres membres du Parti. Ton ami ne devrait pas tarder à être retrouvé mort.
      - Quoi ? Tu as donné sa position à l’un de tes membres ?
      - Non. Nous sommes comme vous : nous ne communiquons pas par téléphone. C’est trop risqué de nos jours. Je n’ai pas besoin d’aide non plus. Il mourra, c’est tout. Et personne ne saura que c’est à cause de moi.
      - C’est impossible ! Qu’est-ce que tu me dis là ? Personne ne peut mourir comme ça, par la simple volonté d’un autre homme ! Comment veux-tu le tuer sans armes et sans même l’approcher ?
      - Ne cherche pas à comprendre. Regarde simplement. »

      Depuis tout à l’heure, je pouvais voir dans le rétroviseur qu’une Renault nous suivait. Je me doutais bien qu’il s’agissait d’Allan, celui du Parti. Étrangement, l’Allan du groupeInvisibles ne roulait pas très vite, comme s’il cherchait à faire en sorte qu’on soit suivi. Une Porsche, pourtant, ça roule plus vite qu’une vieille Renault. Nous arrivâmes à un carrefour. Le feu était vert. Alors que nous étions passés sans problème, une voiture qui arrivait à pleine vitesse du côté conducteur percuta notre poursuivant de plein fouet. Elle venait de griller le feu rouge. J’étais fasciné et effrayé par ce qui venait de se passer. « Si nous nous appelons les Invisibles, ce n’est pas parce que nous sommes invisibles : c’est parce que personne ne sait que nous existons. Si tu préfères : nous sommes des professionnels du crime parfait.»
    • Nous arrivâmes à la base du groupe. Le « meurtre » d’Allan Moore repassait encore en boucle dans ma tête. Comment a-t-il pu prévoir cette mort, et surtout, comment a-t-il fait pour que tout cela arrive ? Mais, étrangement, j’étais surtout fasciné, plus qu’apeuré. Je désirais en savoir plus sur eux, le plus possible. Allan me fit rentrer dans un immeuble totalement abandonné, à l’écart de la ville, dans les bois. Tout était délabré. Nous traversâmes bon nombre de couloirs. Les décombres et l’eau qui s’était infiltrée firent obstacle à notre progression. Seule la lampe torche d’Allan nous éclairait le chemin. Je le suivais de près, imitant le mouvement de ses pas pour pouvoir avancer sans me blesser. Nous descendîmes ensuite des escaliers afin d’accéder au sous-sol. Tout en bas, on pouvait voir une porte en métal, sans poignée. Allan la poussa et je vis une grande salle bien meublée.

      A droite, un billard était disposé près du coin inférieur de la pièce. James y jouait avec quelqu’un d’autre, que je ne connaissais pas. Dans le coin supérieur se trouvait un meuble avec une télévision d’installer et un large canapé juste devant. Un autre membre du groupe que je n’avais jamais vu s’y était installé. De l’autre côté, un bureau : deux autres membres y travaillaient. L’un était debout, et une autre femme assise à côté de lui, plutôt jeune. Enfin, dans le coin inférieur gauche, une petite cuisine était installé. La pièce était mal éclairée et les murs n’étaient vraiment pas neufs. Des lézardes les parcouraient et de la moisissure se développait au plafond. La couleur grisâtre des murs ne donnait clairement pas envie, mais l’agencement des meubles et l’ambiance chaleureuse qui y régnait rendait l’espace accueillant malgré tout. Tout était bien rangé. Quand nous entrâmes, les personnes situées dans le bureau nous regardèrent et reconnurent Allan.



      « Alors ? T’as réussi ? Je vois que tu nous ramènes un petit nouveau en plus ! » demanda la jeune femme. Les autres membres se sont tournés vers nous, pour voir de qui il s’agissait. James sourit lorsqu’il me vit.


      « Une véritable réussite, ma chère Molly ! Il n’y aura même pas de quoi en parler dans le journal : même les flics concluront le dossier en affirmant qu’il s’agit d’un vulgaire accident de voiture ! ria Allan.
      - T’es vraiment qu’un salaud ! ricana l’homme debout près du bureau. Mais sinon, c’est qui lui ? Je ne crois pas l’avoir vu quelque part.
      - Mais si, tu l’as déjà vu dans le journal, Mickael. Allez, un petit indice : « L’homme qui aide à l’arrestation d’un chef d’une organisation terroriste réputée impénétrable ! » rétorqua James.
      - Non ! Tu te moques de moi !? C’est vraiment lui !? s’écria l’homme qui regardait la télé.
      - Eh ouais, c’est lui ! affirma Allan. »

      Allan était tout fier d’avoir réussi à me ramener. Mais, moi, je me posais encore bon nombre de questions. Bien entendu, la première chose qui m'occupait l’esprit, c’était de savoir comment Allan a réussi son coup. Ensuite, je ne comprenais pas pourquoi ils étaient encore en vie, ni même comment le Président connaissait ce groupe. Quel intérêt a-t-il à les laisser en vie s'il sait qui ils sont ? Sans compter qu’ils ont forcément de l’argent, malgré la base qu’ils se sont choisis. Et puis, pourquoi ont-ils quitté le Parti ? J’hésitais encore à poser ces questions, et je restais assez méfiant. C’est alors que quelqu’un d’autre entra. Avant même de me retourner, je remarquai qu’il était beaucoup plus grand que moi. En me retournant, je le reconnus immédiatement : je n’en croyais pas mes yeux.

      . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

      « Bonjour la compagnie ! » dit-il, tout sourire. Les autres étaient encore plus heureux de le voir que de savoir qui j’étais. Mais pour moi, ce n’était pas la même chose : l’homme qui se trouvait en face de moi, Pierre Oliver, était celui qui s’occupait de remonter les informations que le Parti récoltait à l’Etat. Mais que faisait-il ici ?

      « Oh ! Tiens, je vois que tu es aussi ici. Je suppose que tu te poses énormément de questions, et vu que nous ne te laisserons pas repartir, il serait peut-être temps de t’expliquer certaines choses. J’espère que tu n’es pas resté debout depuis tout ce temps, si ? Bon sang, vous autres ! Accueillez mieux que ça notre invité ! » Il riait toujours en disant cela et me pris par l’épaule pour me conduire au centre de la pièce, où se trouvait deux fauteuils ainsi qu’une table basse en verre. La jeune femme et James partirent du côté de la petite cuisine pour nous préparer de quoi boire. Je leur demandai un café sans sucre qu'ils m'apportèrent une fois prêt.

      « - Que faites-vous ici ? demandai-je.
      - Chaque chose en son temps, mon petit. Je vais déjà t’expliquer qui nous sommes. Je sais déjà les questions que tu te poses, et je sais que tu en aimerais en savoir plus. Tout d’abord, sache que nous connaissons tes capacités, et ce n’est pas pour rien que tu as parfaitement ta place dans notre organisation. L’exploit que tu as réalisé en est bien la preuve, et je ne pense pas avoir besoin de te le rappeler pour que tu le saches, dit-il.
      - Je n’ai pas besoin que vous me racontiez mon passé, merci, donc allez à l’essentiel. »


      Pierre se replaça sur son fauteuil et ria un moment avant de reprendre ses explications, toujours souriant :

      « En bref, nous sommes une organisation de crimes parfaits. Nous t’avons amené ici afin que tu nous aides à tuer le Président. Tu te dis sûrement qu’il sait absolument tout du groupe, mais non, il n’en sait rien. Comme tu le sais, je travaille pour lui, mais c’est également moi qui ai aidé les anciens membres du Parti à consolider leur groupe et à réaliser leur objectif. Il est en effet temps que le groupe sache aussi la vérité là-dessus (il s’adressa alors à eux). J’ai affirmé au Président que je vous avais tués, et c’est moi qui ait déplacé les dossiers pour que vous n'existiez plus. Ensuite, pour attiser votre haine, je vous ai fait croire que c’était lui qui avait demandé de déplacer les dossiers. Mais les dossiers sont toujours présents en réalité, ce qui fait que j’ai pu ouvrir de nouveau compte pour vous. J’ai ensuite conseillé au Président de prendre les mêmes noms que les anciens membres, afin que l’affaire ne s’ébruite pas. Je lui ai donné l’accès à vos comptes par la même occasion, pour que personne ne se doute de rien. De mon côté, je vous ai conseillé d’essayer de récupérer votre identité, en tuant ces « faux ». Et voilà comment vous êtes devenus invisible aux yeux du monde.»

      Tout s’expliquait à présent. Les autres membres du groupe se mirent à huer ironiquement, car en réalité, peu leur importait que Pierre leur avait caché tout ça : ça ne changeait rien à leur plan vu qu’ils avaient décidé d’eux-mêmes de quitter le Parti pour former ce groupe et qu’il n’est venu qu’après.


      « - Pourquoi avoir décidé de créer cette organisation et de quitter le Parti ? Et comment le Président peut-il connaître ce groupe si vous ne lui en avait jamais parlé ? demandai-je.

      - Si tu veux en savoir plus sur le passé du Parti et sur les véritables intentions de celui que tu appelles « Président », tu devras le faire par toi-même. Tu es tellement convaincu par les idées qu’il t’a inscrites dans la tête que tu ne croirais jamais ce que nous te dirons sur lui. Quant à ce qu’il sait, c’est aussi moi qui le lui ai dit. J’ai affirmé que ce groupe envoyait des membres spéciaux auprès du Parti, et j’ai ensuite affirmé, avant ta venue, que tu en faisais partie. Voilà pourquoi il a cherché à te tuer, te prenant pour un espion à la solde de ce groupe. Néanmoins, sache que j’ai besoin qu’il meure, sans pour autant que l’on sache qui l’a tué. Ne cherche pas à connaître mes motivations. Je ne veux juste pas créer un énorme bazar, vois-tu.

      - Et vous avez besoin de moi pour le tuer ?

      - Exactement, je vois que tu comprends vite. Comme tu l’as vu, le crime parfait camoufle l’identité du meurtrier : en gros, on ne soupçonne même pas qu’il s’agissait d’un meurtre, au contraire. Ton but sera de nous aider à nous camoufler. Tes capacités en matière d’espionnage nous serons d’une grande aide, car tu sais faire attention aux détails, et tu pourras nous donner de plus amples informations. Le Président n'est pas simple à espionner, mais on croit en toi.

      - J’imagine qu’Allan s’est amusé à espionner cet autre Allan et a choisi la meilleure manière de le tuer parmi plusieurs idées de meurtres pour parvenir à ses fins ? »

      A ces derniers mots, Pierre perdit son sourire et pris un air extrêmement sérieux. Je ressentis un frisson parcourir mon corps lorsqu’il me fixa du regard.

      « - Plusieurs idées ? Choisir parmi l’une d’elle ? Ecoute-moi bien : ici, il n’y a pas de « choix », ni plusieurs idées. Il ne s’agit pas d’étudier les milliards de possibilité pour choisir la meilleure, il s’agit de provoquer la mort comme toi tu l’auras décidé. Quand tu commets un crime parfait, tu es Dieu.

      - Si tu veux en savoir plus, je n’ai en réalité pas espionner Allan Moore, mais le conducteur qui a commis l’accident. J’ai étudié sa vie dans les moindres détails, et j’ai ainsi pu constater qu’il prenait souvent le volant en ayant bu. Cette route, il l’empruntait très souvent, et il n’a jamais fait attention au feu. J’ai profité du fait qu’Allan resterait concentré sur moi pour que l’accident se produise. Ce carrefour était également le seul qui ne possédait pas de caméra. Les autres témoins ne font généralement pas attention aux détails qui ne leur semblent pas importants, et se sont surtout concentrés sur les détails qui concernent l’accident. Ma voiture était alors invisible à leurs yeux. Bref, tout était de mon côté pour provoquer cet accident sans qu’on sache que j’étais là, m’expliqua Allan. »



      Je comprenais tout à présent, y compris pourquoi ils m’avaient fait venir. Mais eux, ils ne savent pas à quel point ils sont tombés sur la bonne personne. Ce groupe est parfaitement fait pour moi : après tout, ne suis-je pas l’as du crime parfait ?

      Message modifié 2 fois, dernière modification faite par “Miiew” ().

    • J'adore pour l'instant *.*
      Le groupe de personnes n'ayant aucune existence juridique m'a fait pensé aux livres "Les Effacés" que j'ai bien aimé aussi :)

      Quand j'ai lu le passage sur le Parti, avec le "Mein Kampf" reposant sur une étagère, j'ai aussi pensé à "Matin brun", une nouvelle exposant en 10 pages le pouvoir de l'extrêmisme (à lire !)
    • Svenor a écrit:


      Quand j'ai lu le passage sur le Parti, avec le "Mein Kampf" reposant sur une étagère, j'ai aussi pensé à "Matin brun", une nouvelle exposant en 10 pages le pouvoir de l'extrêmisme (à lire !)
      Bizarrement, j'ai aussi pensé à "Matin Brun" lorsque j'ai lu le passage sur le fameux parti.

      Je suis ravie que tu partages ta plume et ton petit talent avec nous @Miiew ! Je suis tombée sous le charme de ton style d'écriture ! Hâte d'en voir plus ! Keep it up ! :love:

      « Feather fell from the sky. »
      Mon Diary Mes achats
    • C'est marrant, je n'ai lu ni l'un ni l'autre xD J'essaierai de les lire plus tard, après avoir fini ce texte, qui risque d'être extrêmement long finalement (j'ai des idées mais je ne peux pas me permettre de finir cette histoire trop vite !). J'espère que vous serez toujours là pour lire la suite alt+l
    • L’inspecteur était assis devant son bureau, en attente d’un nouveau défi à relever. On pouvait voir certains officiers aller et venir dans le couloir, par la fenêtre de la porte. Les murs de la pièce étaient cachés par de nombreuses étagères et tiroirs en métal, remplis de dossiers sur plusieurs affaires. Tous étaient entassés les uns sur les autres et les papiers qui s'y trouvaient étaient mal rangés, mais l’inspecteur savait s’y retrouver. Plusieurs papiers et autres déchets se trouvaient dans sa poubelle, qui en contenait plus qu’elle ne pouvait. Un bazar régnait dans ce bureau, et pourtant, il ne gênait absolument pas l'inspecteur. Ennuyé, il chercha dans ses tiroirs d’anciens dossiers. Il n’y avait que des affaires conclues, mais une en particulier l’intéressait. Il fouilla plusieurs fois et parvint finalement à la retrouver.

      “AFFAIRE FRÉDÉRICH LEWIS - AFFAIRE CLASSÉE”

      Ce Frédérich Lewis n’était autre que le chef d’une ancienne organisation terroriste, qui a pu être arrêté grâce à un espion du Parti. Une chose l’avait surprise dans ce dossier. À l’époque, il n’était pas du tout sur cette affaire. Mais la particularité de cette arrestation l’a poussé à s’y intéresser. Parler d’arrestation est un peu tiré par les cheveux, dans la mesure où le chef s’était livré de lui-même. Le dossier ne contenait pas la raison de son action et tous avaient préféré faire croire qu’il s’agissait d’une arrestation réussie, en bonne et due forme, histoire de se donner bonne impression. Mais ce n’était pas ça qui l’intéressait : avant cette “arrestation”, plusieurs de ses subordonnés ont été retrouvés morts, mais aucun n’a été victime d’un crime. La plupart sont morts d’une crise cardiaque ou d’un accident banal, 2 se sont suicidés. Les autopsies n’ont rien trouvé d’anormal sur les corps : pas de poison, pas de blessures et aucune trace d’ADN autre que celle de la victime. Même les accidents étaient tout à fait banals. Quant aux lieux des crimes, rien n’a été retrouvé à part les corps. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, tout s’est déroulé dans des endroits remplis de monde et personne n’a vu quelqu’un tuer ces personnes. Bref, des morts simples et naturelles qui ne méritaient pas qu’on s’y attarde plus que ça. Mais pour l’inspecteur, c’était suffisant pour douter.

      Un de ses officiers entra soudainement et lui apporta un nouveau dossier, afin qu’il le classe parmi les affaires conclues. Un banal accident de voiture. Les victimes étaient Allan Moore, un espion à la charge du Parti, et Andrew Parks, connu des habitants pour ses taux d’alcoolémie importants au volant.

      “Emmène-moi sur les lieux s’il te plaît, demanda-t-il. J’espère que vous n’avez rien touché pour l’instant.
      - Non, l’équipe est encore sur place. J’ai réalisé ce dossier à partir d’un appel qui vient tout juste d’arriver. Ils m’ont dit qu’il n’y avait cependant pas besoin de mener une enquête. Vous êtes sûr que vous voulez y aller ?
      - Oui. Dites-leur de tout laisser en place et de ne toucher à rien. Faites en sorte que les témoins restent tous sur place également.
      - … Très bien, je vais les prévenir. On va vous préparer une voiture.”

      Une fois la voiture prête, l’inspecteur fut emmené sur les lieux de l’accident. De nombreux bouts de verre traînaient un peu partout et les deux corps étaient toujours là, ensevelis sous les carcasses des voitures. Le sang avait déjà commencé à sécher.

      “Bonjour, inspecteur. Comme demandé, nous avons tout laissé en place, expliqua l’un des officiers. Et comme vous pouvez le voir, il ne s’agit que d’un accident.” L’inspecteur analysa de plus près les détails. Pendant plusieurs minutes, il nota des choses sur son petit carnet. Parfois, il allait au-delà des limites de l’accident. Il interrogea quelques individus et consulta le dossier à plusieurs reprises. Un autre officier vint vers lui et demanda :

      “Alors, inspecteur ? Vous aussi vous pensez qu’il ne s’agit que d’un banal accident de voiture ?
      - Arrêtez de dire des bêtises, William, vous voyez bien qu’il s’agit d’un accident prémédité. Il y a des gros bouts de verre à 500 mètres de l’accident. Et regardez un peu mieux : ici, il y a presque une ligne qui est dessiné avec les bouts de verre et une sorte de carré qui ressemblerait presque au coffre d’une voiture. Il y avait quelqu’un devant et je peux vous affirmer qu’il n’était vraiment pas très loin de notre victime.
      - Pourtant, les témoins nous ont affirmé qu’il n’y avait personne devant lui. Et puis, s’il y avait effectivement eu quelqu’un, il se serait forcément arrêter : tous les autres conducteurs ont arrêté leur véhicule et aucun n’a vu une voiture passée devant celle-ci.
      - C’est justement parce qu’il a prémédité l’accident qu’il est parti. Et son coup est vraiment bien monté : aucune caméra de surveillance et n’importe quel témoin se serait focalisé sur l’accident plutôt que sur ce qu’il y a autour. J’ai lu le dossier : cette voie est très fréquentée par cet ivrogne, d’après ce que les témoins vous ont dit. Forcément, ils font tous attention en passant ici et recherche précisément cet individu. Leurs souvenirs sont donc nécessairement altérés et ils ne gardent que les détails choquants et importants à leurs yeux. Le fait qu’il y ait eu une voiture juste devant la victime ne fait justement pas partie de ces choses importantes. Et autre détail : un des témoins a vu la voiture de l’ivrogne arriver et pourtant, c’était la première fois qu’il passait par ici. Il s’est tout de même arrêté avant. Notre victime, qui était parfaitement sobre, était donc concentré sur autre chose. Cette chose était la voiture qui se trouvait devant lui, puisqu’il était en pleine filature.”

      Les autres officiers regardèrent de nouveau et remarquèrent effectivement les détails décrits par l’inspecteur. L’inspecteur affirma ensuite : “Il s’agit d’un crime, et l’affaire est désormais classée.” Les officiers étaient tous choqués.

      “Comment ça, inspecteur !? s’exclama William. Vous n’allez pas rechercher le coupable ?
      - Il ne sert à rien de partir à la recherche du coupable : nous n’avons aucun indice qui pourrait nous mener jusqu'à lui.
      - Vous voulez dire qu’on a affaire à un crime parfait ?
      - Non un crime presque parfait. Nous avons toutes les preuves qu’il s’agit d’un crime prémédité. Or, le coupable recherchait justement à ce que nous faisions passer ce crime pour un banal accident de voiture. Néanmoins, nous n’avons aucune preuve concernant l’identité du coupable, ce qui fait qu'il a réussi à moitié son coup.”

      Personne ne parlait. L’inspecteur repartit tranquillement dans la voiture, accompagné de William, et retourna dans son bureau. Dans le dossier, il raya le titre “ACCIDENT DE LA ROUTE - AFFAIRE CLASSÉE” et nota :

      “CRIME PRESQUE PARFAIT - AFFAIRE PRESQUE CLASSÉE”

      Message modifié 1 fois, dernière modification faite par “Miiew” ().

    • Après une semaine passée auprès de ce petit groupe, j’ai finalement appris à les connaître un peu mieux. Pierre était assez bipolaire : devant les autres, il se montre très souvent chaleureux et ouvert. Il est toujours souriant et son physique un peu enveloppé rend le personnage extrêmement sympathique. Mais si vous avez le malheur de dire quelque chose qui l’irrite, il change radicalement de comportement et devient extrêmement froid et inexpressif. Dans ses yeux, on peut y lire clairement une forte envie de meurtre. Je ne l’avais jamais connu au sein du Parti, je ne saurais dire comment il se comporte avec le Président. Si ça se trouve, il n’a pas encore dévoilé son véritable caractère et ne fait que jouer de nouveau un rôle.

      La seule fille du groupe, Molly, n’avait rien de remarquable : des cheveux bruns courts et bouclés, une cicatrice près de l’épaule, un corps maigre, presque squelettique. Elle portait souvent des jeans et des sweats noirs par-dessus et ne se maquillait jamais. Elle est également plutôt solitaire en dehors du travail : très souvent, je la trouvais dehors en train de fumer, le regard vide, sa frange cachant son visage, perdue dans ses pensées. Impossible de savoir à quoi elle pense, et encore moins de parler avec elle : ses réponses se limitaient très souvent à un seul mot quand j'étais avec elle. Il n’y a qu’avec les autres qu'elle s'entend bien. Notre Molly était totalement différente : toujours enjouée, très féminine, les cheveux longs et lisses, et cette envie de toujours vouloir nous aider. Elle n’avait aucun mal à venir discuter avec nous autour d’un café après nos missions. En revanche, le caractère d’Allan (maintenant mort) faisait qu’elle avait beaucoup de mal à discuter avec lui : il n’était pas vraiment bavard, même avec moi, à vrai dire. Notre Molly me manque un peu d’ailleurs.

      Quant à Mickael, on ne peut pas dire qu’il connaisse les bonnes manières : il n’hésite pas à parler vulgairement et ne range rien derrière lui. Sa peau est assez bronzée, et on remarque facilement qu’elle n’avait pas cette couleur auparavant. Il est chauve, mais je trouve que ça lui va assez bien. Ce doit également être le plus fort du groupe, vu sa musculature qu’il exhibe dès qu’il le peut devant Molly, sans succès. Je suis comme un frère pour lui, et je dois reconnaître que son caractère un peu macho me met à l'aise : quand je suis avec lui, je ne ressens pas cette obligation de faire bonne impression auprès des autres et je me sens plus libéré. Chez nous, Mickael était plutôt timide. Il était proche de l’expulsion, à cause de sa timidité qui le rendait extrêmement faible. Il ne prenait que très peu de missions, et cela ne plaisait pas au Président. J’ai essayé de l’aider du mieux que je pouvais afin qu’il reste dans le Parti, mais le groupe l’a tué la semaine passée, trois jours après la mort d’Allan. Mickael n’a rien voulu révélé sur la façon dont il a procédé.

      Enfin, Jason, celui que je trouvais devant la télé en arrivant la première fois, est un véritable amoureux des séries. Il traîne toujours devant la télé et le canapé est quasiment sa propriété privée. Pas moyen de s’y asseoir sans avoir sa permission, du moins pour les autres. En ce qui me concerne, il ne m’a jamais rien dit. Parfois, il s’intéresse aux informations, mais je l’ai rarement vu travaillé comme il se doit. Il a néanmoins cet avantage de pouvoir manger sans grossir, et garde une super forme ainsi qu’un corps en bonne santé. C’est l’homme le plus banal du groupe : malgré la présence de Molly, il reste souvent en caleçon devant la télé, avec un pull quand il fait trop froid. Un véritable sans-gêne, mais Molly ne l’intéresse pas et je dois dire qu’il ne semble absolument pas la considérer comme une femme. Du côté du Parti, Jason était un véritable dirigeant. Dans certaines missions qu’il me confiait, je devais absolument faire comme il le voulait : très souvent, je n’avais rien à y redire, parce que de toute façon, il trouvait toujours de bonnes façons de faire. Sa grande taille renforçait cette impression de dominer tout le monde. J’aimais bien son caractère et Molly aussi : d’après mes souvenirs, c’était lui son préféré.

      Outre ces différences, ce qui m’importait le plus, c’était de savoir comment ils allaient mourir : il ne restait plus que Molly et Jason à tuer, en dehors du Président. Étrangement, même si je les ai connus depuis longtemps, je ne ressentais pas véritablement de peine à l’idée de les voir mourir. Mais ce qui m’attirait le plus, c’était de voir la Molly du groupe en action. Les femmes sont connues pour être extrêmement violentes quand il s’agit de tuer quelqu’un. Voir cette femme froide et insipide s’attaquer à notre pure et innocente Molly m’excitait énormément je dois dire, et je tenais absolument à la voir agir. Si j’avais pu, j’aurais voulu la tuer moi-même.
      . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


      « Alors, qu’est-ce que tu fais ? » demandai-je à Molly qui travaillait au bureau. Comme je m’y attendais, aucune réponse de sa part. Elle n’a pas l’air de beaucoup m’apprécier, alors que les autres membres sont totalement fans de moi. Je restais derrière elle un instant, le regard vide dirigé vers l’écran, jusqu’à ce qu’elle me ramène à la réalité d’un coup de poing bien placé sous le menton : « Dégage. Tu me gênes. » Je me massais le menton pour soulager la douleur, tandis qu’elle se remettait au travail. De ce que j’ai pu voir, elle avait tout juste commencé à repérer la routine de notre chère Molly. En revanche, je n’avais aucune idée de qui était cette autre femme qui était sur l’écran et qu’elle semblait espionner. J’avais cette sensation qu’elle jouerait sur la jalousie pour pouvoir reléguer le meurtre à cette femme, mais ça ne me plaisait pas. J’avais besoin que ce soit elle qui la tue, et pas quelqu’un d’autre, comme lorsqu’Allan a tué Allan. Enfin, d’un côté, ce n’est pas vraiment lui qui l’a fait, mais ce serait mieux si les choses se passaient comme lors de cet accident.

      Pour je ne sais quelle raison, je ne pouvais pas m’arrêter d’imaginer le corps de Molly défiguré et ensanglanté. A quoi ressemblerait-il une fois qu’elle sera tuée par le groupe ? Est-ce que je pourrais être là pour le voir ? Je ne sais pas, mais j’étais pressé de le voir. Mais pour mieux me l’imaginer, j’avais besoin de revoir Molly. Je regardais l’heure : seize heures trente-sept. Elle devait sûrement être au bar où on avait l’habitude d’aller. Pierre n’étant pas là, on pouvait faire ce qu’on voulait pour le moment. Je décidais de sortir et allait chercher mes affaires sur le porte-manteau. « Où tu vas ? me demanda Allan. » Tous les autres me regardaient. Je répondis simplement : « Je vais me promener un peu, je m’ennuie à mourir ici. » On ne me posa pas plus de questions. Je sortis calmement, les laissant chacun à leur activité, et me dirigeait vers le bar.

      Normalement, je devrais être en train d’espionner le Président, mais c’est évidemment ce que j’ai fait la semaine qui a passé. Et je dois dire que je ne pensais pas que ce serait si difficile de trouver la moindre faille qui permettrait de l’approcher. Dans notre vie de tous les jours, nous avons tous une routine, qui peut parfois être interrompue par des « événements ». Ces « événements » peuvent être prévisibles comme imprévisibles, et ce sont justement les imprévisibles qui posent problème dans le cadre d’un espionnage. Pour commettre un crime parfait, on a besoin de connaître à la fois le prévisible et l’imprévisible. Quand on installe une routine et qu’on en sait beaucoup sur la personne, on peut savoir à quel moment surviendra l’imprévisible, et c’est ainsi qu’on peut commettre le crime à la période adéquate. Sauf que : le Président n’a aucune routine et tout ce qu’il fait devient alors totalement imprévisible. Il est toujours entouré de ses gardiens, et j’ai beau les avoir surveillés de près, eux-mêmes ne savent jamais quand le Président va sortir. Tantôt ils viennent beaucoup trop tôt ou assez tôt, tantôt ils viennent trop tard, et le Président doit les appeler. Ils n’ont aucun moyen de savoir et moi non plus.

      L’Allan du groupe en savait un peu sur le Parti, et même s’il dit ne pas avoir espionné son alter-ego, il connaissait son caractère, et savait qu’il nous poursuivrait. Il ne lui restait plus qu’à trouver une personne qui puisse commettre le crime à sa place, et c’est là qu’intervenait la routine de l’ivrogne, parfaite pour commettre un accident. Dans le cas du Président, son caractère est beaucoup trop fermé, même à l’extérieur du Parti, ce qui fait qu’on ne sait pas comment il va agir. Pierre était déjà au courant, c’est pourquoi il tenait à ce que je récolte au moins des informations sur sa vie quotidienne. Mais même à ce niveau-là, le Président s’est parfaitement protégé. Pour ma part, je ne peux même pas infiltrer son bureau, car je suis incapable de prévoir pour l’instant quand il sera absent et quand il reviendra dans son bureau.

      Pendant que je me remémorai tout ça, je continuai de marcher et j’arrivai finalement au bar où devait se trouver Molly. J’y entrai, et je la vis effectivement assise sur la terrasse avec une de ses connaissances. Elle était toujours aussi jolie et souriante, comme à son habitude. Je rentrais dans le bar et m’asseyait à une table où je pourrais la surveiller sans me faire remarquer. Un serveur vint me ramener le menu, mais je ne lui laissai pas le temps de me le donner et lui demandai de me ramener un café-crème avec un croissant. Il repartit avec le menu, et je cherchai Molly du regard. D’ici, je la voyais très bien. En revanche, je ne saurai dire avec qui elle discutait. Je la regardai fixement afin d’imprimer son visage dans mon esprit. Je parcourais la forme de ses lèvres roses, me perdait dans le vert de ses yeux, caressait de loin la peau lisse et blanche de son visage. Puis, une fois cela fait, je me mis à m’imaginer en train de la blesser. J’essayais d’imaginer son visage en pleurs et totalement effrayé pendant que du sang coulait de la plaie qu’elle avait sur son visage. J’imaginais ensuite ce que cela donnerait sur ses bras nus, le sang coulant tout le long de son bras, jusqu’au bout de ses doigts. Je me demandais à quoi ressemblerait cette robe blanche une fois ensanglantée ; je la retirais et je voyais son sang couler le long de son cou, sur sa poitrine, son ventre, ses jambes.

      « Monsieur ? Vous allez bien ? Voici votre commande. » me dit le serveur. Je revenais à la réalité. Je remerciais le serveur, un peu perdu, et pris ma commande. En mangeant, je repensais à ce que je venais d’imaginer, les yeux rivés sur mon couteau brillant, sur lequel j’imaginais le sang de Molly couler. Je n’arrivais plus à penser qu’à une seule chose : Je veux la tuer … Je veux la tuer … Je veux la tuer ...
    • Eurynos a écrit:

      Pas eu le temps de lire les dernières parties, je rattraperai à l'occasion :D
      Cpas bien ça ! (mais je t'en veux pas : après tout, c'est mieux de tout lire d'une traite !)

      Alors, petit post pour exprimer en partie mon état lors de l'écriture de cette dernière partie. Ceux qui n'ont pas encore lu la dernière partie peuvent tout de même me lire, il y aura 0 spoil, donc vous pouvez lire ce post d'abord avant de continuer votre lecture =3

      Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de vous sentir gêner en écrivant, ou d'avoir cette sensation que vous êtes en train de créer quelque chose d'effrayant, mais moi, c'est justement ce que j'ai ressenti en écrivant la fin de cette partie : une sorte de dégoût et de peur face à ce personnage que j'inventais et ce que j'écrivais.

      Et je dois dire que du coup, cette partie a eu un double effet sur moi :
      • D'un côté, ça m'a coupé l'envie d'écrire tellement je me sentais dégoûtée xD Je n'ai clairement pas l'habitude d'écrire ce genre de choses, mais j'avais malheureusement besoin de l'écrire de la sorte, ou du moins c'est ce que mon esprit me disait, compte tenu de ce que j'avais prévu pour la suite.
      • Et du coup, ça m'a aussi débloqué niveau inspiration, puisque je peux désormais relier les pièces ensemble. Enfin, seulement pour le déroulement : je dois encore trouver les méthodes des crimes parfaits qui vont être commis, et là j'ai vraiment pas d'idées é.è
      On verra bien avec le temps, mais autant vous dire que même si j'ai désormais la trame si je puis dire des événements, il me faut encore beaucoup d'imagination pour écrire la suite. Surtout que je sens que je vais entamer une partie du récit qui va encore me déranger pendant longtemps ... Du coup, si les "chapitres" mettent du temps à sortir, ne vous étonnez pas \o/ Mais tout avis est le bienvenu ! Et puis peut-être que vous arriverez à me mettre à l'aise et que je pourrais écrire plus vite, qui sait (même si j'en doute fort !).

      Oh, et petite chose que j'avais besoin de demander (réponses par MP !) : est-ce qu'il y a un détail qui vous gêne dans ce récit par hasard ? J'ai l'impression d'être la seule à l'avoir remarqué, mais c'est possible que d'autres l'aient remarqué aussi (même si personne ne m'a fait la remarque encore). Et si personne ne l'a encore remarqué, ça m'arrange encore plus xD Je vous laisse deviner de quoi je peux bien parler alt+y

      Voilà, c'est tout ce que j'avais besoin de vous dire. Sur ce, bonne lecture à ceux qui n'auront pas encore lu la dernière partie !
    • Je n'ai pas encore tout lu, j'en suis au quatrième ou cinquième post, et je dois dire que tu as développé une histoire vraiment intrigante ! J'ai hâte d'en savoir plus sur ce qui se trame réellement. Mais comme je suis incapable de lire un texte sans pinailler sur des détails, je commence à poster avant la fin de la lecture pour te faire part de mes remarques. Ce sont vraiment des détails, des petites choses qui pourraient améliorer encore ton texte, mais de ce que j'en ai lu, il est déjà très bon !

      - Le nom du Parti. Au début, je pensais à ces Partis du temps de l'URSS ou en Chine. Ce mot, écrit avec une majuscule, a clairement une connotation communiste, et les premiers paragraphes m'ont immédiatement fait penser à une dictature, encore plus avec le terme de Président. J'ai mis du temps à comprendre que ce n'était pas politique, et qu'ils ne suivaient pas les ordres du gouvernement. Je pense que tu devrais renommer ce "Parti", déjà pour éviter toute confusion et aussi pour donner un peu plus d'originalité à ton texte. Je sais que ce n'est pas évident d'imaginer un nom, mais tu peux t'inspirer soit d'un animal, soit d'un événement du passé, soit de la mythologie. Tu peux aussi utiliser un outil de traduction en ligne pour y mettre un mot banal et lui donner une aura mystérieuse. Ce Parti pourrait s'appeler le Kraken, par exemple, parce que c'est un animal tentaculaire invisible à la surface, qui n'émerge que pour attaquer et disparaître à nouveau. C'est pas le meilleur exemple, mais c'est pour te donner un ordre d'idée. Et fais attention, parce que tu répètes très souvent les mot Parti et Président et ce n'est pas très joli.

      - Tu marques bien les doutes et l'incompréhension du narrateur, mais il m'a manqué l'essentiel. Il ne les croit pas quand les gens disent qu'ils s'appellent James Weaver et Allan Moore, et heureusement, ses doutes sont les bienvenus. Mais il ne pense pas aux deux éléments les plus évidents : n'importe qui peut prétendre s'appeler n'importe comment et il existe des millions de personnes qui portent le même nom. Leurs noms ne sont pas spécialement "originaux" et c'est presque normal que d'autres personnes s'appellent comme ça, tout comme il doit y avoir plein de François Martin en France.

      - J'ai trouvé qu'il manquait un peu de ressenti dans ton texte. Ce sont des détails, hein, mais par exemple, quand il se dirige vers le quartier général, tu t'attardes sur la décoration mais tu occultes totalement le fait qu'il s'est pris une balle dans la jambe et que marcher doit être douloureux pour lui. Au lieu d'écrire "On m’emmenait vers l’ascenseur pour le dernier étage.", tu aurais pu mettre "Solidement escorté, je boitillais vers l'ascenseur, serrant les dents pour ne pas leur montrer à quel point ma jambe était douloureuse.". Il pourrait aussi penser au sang qui coule de sa jambe et qui va tacher le sol ou le fauteuil, et s'en réjouir. Et même s'il ne veut pas que cette blessure soit une distraction dans sa recherche de la vérité, tu peux le dire aussi. "On m’emmena dans la chambre 5009." aurait pu devenir "On m’emmena dans la chambre 5009. Je vacillais, en équilibre précaire sur ma jambe valide, mais j'occultais douleur. Je devais en apprendre plus sur eux".

      Je file lire la suite !

      Donnez-moi du chocolat, et tout le monde s'en sortira vivant
    • J'étais encore absorbé par mes pensées, mais je repris petit à petit mes esprits quand le petit vieux à côté de moi se mit à tousser fortement. Je me dépêchais alors de manger, tout en continuant de surveiller Molly. Je luttais de toutes mes forces contre mes fantasmes qui m'empêchaient de la voir tel qu'elle était : « Je dois rester concentré ! » me répétai-je à moi-même. Au moment où je terminai mon repas, je vis la personne se trouvant avec Molly s'en aller. Je ne cherchai pas à savoir qui c'était, mais je savais que Molly finirait tôt ou tard par s'en aller et qu'il serait temps pour moi de retourner faire ce que j'avais à faire. Je n'étais pas si pressé que ça, à vrai dire. Enfin bon, au moins, j'aurais pu revoir Molly une dernière fois et imprimer son existence au fond de moi. C'est alors qu'un jeune couple plutôt bruyant vint s'installer à côté de moi.

      « Tu es sûr qu'il serve des bonnes choses dans ce bar ? railla la jeune fille. Je n'ai jamais entendu parler de ce lieu.
      - Fais-moi confiance ! Je suis sûre que tu vas adorer leur café-crème et leurs pâtisseries ! affirma son compagnon.
      - Bon, si tu le dis. Au fait, je ne te l'avais pas dit, mais mon grand-oncle m'aurait envoyé une lettre : je ne suis pas passée voir le courrier ces derniers temps, alors je me demande si tu l'as trouvé.
      - Ah oui ! Je l'avais prise alors que tu travaillais et je pensais te la donner plus tard, mais ça m'est sorti de la tête. C'est tellement rare de nos jours de s'envoyer des lettres qu'on les oublie facilement !
      - Mon grand-oncle est comme ça ... Je lui ai pourtant dit des milliards de fois de m'appeler, mais il ne veut rien entendre ! Et puis ... »

      Je n'écoutais plus ce qu'ils se disaient et retournai au fin fond de mes pensées. D'un coup, tout devint plus clair. J'appelai un serveur pour payer, puis me levai en vitesse, le sourire aux lèvres. Je traversai en un instant le bar et cherchait des yeux un endroit où je pourrai prendre un taxi, sans m'arrêter de courir. Une fois le taxi trouver, je courrais vers sa direction, criant pour qu'il s'arrête et agitant ma main.

      « J'aimerais aller à cet endroit, s'il vous plaît. C'est urgent. »

      . . . . . . . . . . . .
      Nous venions tout juste d'arriver. Tout en payant le chauffeur et le priant de garder la monnaie, je descendis brusquement du taxi, au point de presque m'écraser face contre terre, et enjambait 4 à 4 les marches des escaliers de l'immeuble où se trouvait le groupe. J'ouvris la porte d'un coup et criait : « Je sais comment tuer le Président ! ». Molly, Allan et Jason, qui étaient les seuls présents dans la salle, me regardèrent surpris et me demandèrent de me calmer. Il était vrai que je n'avais encore rien expliquer, mais bon. La présence de Molly et de Jason me suffisait.

      « Qu'est-ce que tu veux dire par « Je sais comment tuer le Président » ? demanda Molly.
      - Si vous faites ce que je vous demande, je peux vous dire que plus rien ne m'empêchera de le tuer ! avouai-je
      - Quoi ? Toi qui m'as dit que tu n'avais jamais tué personne, tu veux te charger de tuer le Président ? ricana Allan.
      - C'est vrai, je n'ai jamais tué personne, mais ça ne veut pas pour autant dire que je ne dois rien faire. Il faut bien que je vous montre que je suis digne de faire partie de votre groupe, non ?
      - C'est vrai, mais ... murmura Allan. »

      Ils me regardaient tous d'un air inquiet, comme s'il ne me faisait absolument pas confiance. C'est alors que Pierre entra dans la salle, un grand sourire sur le visage, et nous salua. Nous restions silencieux et son sourire s'estompa rapidement : il avait parfaitement noté que quelque chose n'allait pas auprès des autres membres du groupe. Néanmoins, c'était une bonne chose pour moi : étant donné qu'il dirige le groupe, je peux lui expliquer les choses et faire mes preuves !

      « Vous tombez bien : je comptais vous demander de m'accorder une faveur, lui dis-je.
      - Quelle faveur ?
      - Je sais que vous nous avez demandé de commettre les crimes dans un certain ordre et jamais en même temps. Néanmoins, j'aimerais que l'on tue d'abord Jason et je veux que vous me laissiez m'occuper de celui de Molly et du Président.
      - Attends une seconde ! rétorqua Molly. Ce n'est pas ce que j'ai compris : tu ne devais te charger que du Président, pas de Molly.
      - Qu'est-ce que ça veut dire tout ça ? demanda Pierre, intrigué.
      - Laissez-moi vous expliquer un instant. Pour qu'on se repère un peu mieux, je vais associer les membres du Parti à des lettres : Molly sera M et Jason J. J'aimerais donc que le meurtre de M soit reporté, et que ce soit désormais moi qui m'en occupe. Jason et Molly seront chargés de tuer J, mais d'une façon bien particulière. Le crime doit être parfait, de telle sorte qu'on pense que J s'est suicidé. Mais il faudra que M sache qu'elle est en réalité la véritable responsable du meurtre de J. Autrement dit : il faut que M tue J, mais que la police conclut que J s'est suicidé.
      - Mais comment tu veux qu'on fasse ça !? C'est beaucoup trop complexe, on ne pourra jamais y arriver ! se plaignit Jason.
      - Je m'en moque de vos méthodes : la seule chose que je vous demande, c'est de le faire, un point c'est tout.
      - Soit, imaginons qu'ils arrivent à faire ce que tu leur demandes, comment vas-tu t'y prendre pour tuer à la fois M et le Président ? demanda Pierre.
      - Ma méthode restera un secret, Monsieur, rétorquai-je avec un petit sourire en coin. »

      Je sentais bien que personne ne me faisait confiance. Mais il y avait autre chose : je ne sais pas trop quelle était cette sensation, mais j'avais la forte impression qu'il ne voulait pas que je tue le Président. Je me gardais donc de donner ma méthode dans le cas où mes doutes étaient fondés. Je décidai tout de même d'insister sur ma demande, de leur faire comprendre que j'étais le seul à pouvoir réaliser cet exploit de tuer le Président et qu'ils devaient m'aider. Mais plus j'insistais, plus leur silence devenait pesant. C'est alors que Pierre se mit à soupirer : « Je te laisse une chance. Mais si tu me déçois, je n'hésiterai pas à te tuer. Molly, Jason, je compte sur vous pour faire ce qu'il a demandé. Sinon, le même sort vous sera réservé. » Il sortit calmement de la salle et jeta un regard aux autres membres du groupe. J'avais l'impression d'être exclu.

      Peu importe, j'avais eu ce que je voulais ! Il ne me restait plus qu'à attendre que Molly et Jason fasse leur part du travail. Je me mis dos aux autres membres du groupe afin de cacher mon large sourire et leur dit lentement : « Croyez-moi, je ne vous décevrai pas.»
      . . . . . . . . . . . .
      Dans la chambre 5009 du Standing, les 5 premiers membres du groupe Invisible se sont réunis. Ils étaient tous très inquiets de la tournure des événements, et Allan ne pouvait s'empêcher de donner des coups de pieds contre les meubles et de tout renverser. En même temps, il criait sur Pierre :

      « Pourquoi avez-vous décider de le laisser faire !? Et si jamais il avait vraiment un plan, et qu'il découvrait tout, qu'est-ce que vous allez faire !? Vous auriez dû prendre votre temps ! Vous auriez dû lui donner une réponse après y avoir réfléchi et après avoir trouvé un plan adéquat pour éviter de nous retrouver dans la merde !

      - Calme-toi, dit Pierre d'un ton apaisant. Je sais très bien que je prends un pari risqué, mais je ne dois pas le faire douter de nos intentions et je sentais justement qu'il doutait de quelque chose. Au départ, si je lui ai demandé de faire ses propres recherches, c'est parce que je savais très bien qu'il était impossible de trouver une faille chez le Président : je comptais justement sur ça pour qu'il ne découvre jamais rien. Mais quand je l'ai vu douter, je n'ai pas eu d'autres choix que de me placer de son côté pour qu'il ne devine rien. Je compte le laisser faire, en espérant qu'il rate son coup. Dans ce cas, il y aura deux options : ou bien le Président le tue, ou bien c'est nous qui le tuons.

      - Selon moi, il bluffe, affirma Molly. Comment un homme aussi droit que lui, qui se contente simplement d'aider les flics à arrêter les méchants, pourrait-il tuer celui qu'il a considéré comme un père pendant des années et celle qu'il aime ? C'est impossible : en réalité, il veut juste les protéger tous les deux. En faisant en sorte que Molly tue Jason et qu'elle soit la seule à garder ce secret au fond d'elle-même, il fait d'une pierre deux coups : d'abord, il tue son rival; ensuite, Molly se sentira tellement faible psychologiquement qu'il pourra facilement la mettre dans son lit.

      - Je suis d'accord avec Molly, ajouta Mickael. Mais c'est vrai que comme je n'étais pas là, j'ai difficilement mon mot à dire. Si j'avais pu voir ses réactions, j'aurais pu vous aider plus que ça.

      - Je les ai analysées, et rien n'indiquait qu'il s'agissait d'un coup de bluff, bien au contraire, rétorqua Jason. Je me méfierai, à votre place : ce gars a plus d'un tour dans son sac, et le nombre de séries que j'ai vu me prouvent que c'est un gars dangereux. Et s'il réussit à tuer le Président, il saura rapidement tout sur le Parti et sur nos ambitions. Il n'hésitera alors pas à nous tuer et il n'aura sûrement aucun mal à le faire. Je pense qu'il vaut mieux agir avant qu'il ne soit trop tard et ne pas attendre le moment fatidique. »

      Pierre réfléchissait, toujours calme et assis sur son fauteuil. La situation était grave et il fallait trouver une solution rapidement. Il se leva et regarda Jason et Molly : « On va essayer de lui faire croire que nous sommes de son côté. Pour le moment, vous deux, vous allez faire ce qu'il vous a demandés, afin qu'il pense qu'il peut compter sur nous. S'il bluffait, on continuera comme nous l'avions prévu et nous le tuerons. S'il ne bluff pas et qu'il compte vraiment les tuer, nous aurons deux options : tuer le Président ou le tuer lui. Pour le moment, suivons le premier plan. Si on tue le Président avant lui, nous pourrons effacer les preuves comme nous devions le faire. Bien entendu, il ne faudra pas se faire remarquer et il nous sera impossible de lui demander une quelconque information sur le Président : nous devrons nous débrouiller seuls. Dans le cas où il remarque nos intentions ou bien qu'il arrive à tuer le Président avant nous, nous allons tout faire pour le tuer. Est-ce que c'est clair ? » Tous les autres membres acquiescèrent sans la moindre hésitation et leur réunion pris fin.